Essai Volkswagen T-Cross 1.0 TSI : le rigolo de la famille

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Seat a déjà son Arona, Skoda aura bientôt droit à une Kamiq. En matière de timing, la Volkswagen T-Cross doit emprunter la voie dorée entre les deux, même si la dernière née de Wolfsburg veut avant tout être la petite excentrique de la bande. Une Volkswagen un peu frivole donc, mais… est-ce que cela fonctionne ?

Depuis que Volkswagen a introduit en 2016 son premier Tiguan sur base MQB, ils parviennent à peine à tenir la cadence. Pour autant que nous n’ayons pas perdu le fil, le groupe Volkswagen compte déjà 21 SUV (!) dans son éventail, dont la parenté entre les dérivés Seat, Skoda et Volkswagen est souvent perceptible dès le premier regard. Cela ne compte pas vraiment pour ce T-Cross, une souris des villes plutôt hype qui partage bien entendu ses fondamentaux avec la Seat Arona, mais qui – selon Volkswagen – devrait aborder la vie autrement. Pour nous en faire une idée, nous avons pris la route ensoleillée de Majorque, où nous avons pu nous mettre sous la dent le plus compact des SUV Volkswagen.

Fraîche comme un gardon

A notre arrivée dans les Baléares, nous savions d’emblée de quelle viande fraîche nous allions nous repaître  : là où la majorité des parkings d’aéroport sont noyés de Volkswagens grises, le constructeur allemand nous présentait un parterre de teintes colorées, allant de l’original Makena Turquoise jusqu’au particulièrement non-allemand Energetic Orange (attention aux jantes matching !) de notre véhicule d’essai. Le succès de SUV français moins rigoristes y serait-il pour quelque chose ? Quelles que soient les raisons cachées, cela fait néanmoins de la T-Cross le plus ludique des SUV Volkswagen. Et nous ne pouvons que nous en réjouir.

Malgré ce rayonnement enjoué, Volkswagen martèle que la petite échassière peut également dévoiler des trésors de rationalité. En comparaison avec la Volkswagen Polo, qui repose sur la même plateforme MQB A0, la T-Cross mesure par exemple 5,5 cm de plus en longueur (4,11 m), mais également 13,8 cm de plus en hauteur. Grâce à ses sièges avant installés plus haut, la position de conduite est également plus élevée de 10 cm que celle de la Seat Arona, ce qui se traduit par ailleurs par de la place supplémentaire à l’arrière pour les pieds et les jambes. Lorsque vous n’aurez plus l’usage régulier de cet espace, (quand vous serez débarrassés de vos deux petites têtes blondes par exemple), vous glisserez la banquette coulissante de 14 cm vers l’avant pour bénéficier des 455 l du volume de charge. La même banquette arrière se laissé également rabattre dans une proportion 60/40, pour profiter au mieux de l’intégralité des 1.281 l. Et c’est beaucoup pour un SUV de ce format. Même un T-Roc plus long de 12 cm fait à peine mieux.

Truc typique : La T-Cross a droit, tout comme un certain nombre d’autres SUV récents, à une bande réflectrice transversale arrière apportant à la T-Cross une impression de largeur.

Radine

Par-delà ces mérites fonctionnels, la T-Cross dévoile également un habitacle plus agréable à première vue. Comme si Volkswagen avait tout à coup découvert le crayon de couleur, vous pourrez décliner l’habitacle de quelques accents personnels, via lesquels tant la planche de bord que la console centrale pourront adopter des notes plus frivoles. Pour les fausses notes, on peut faire confiance aux plastiques durs du tableau de bord et des panneaux de portes, qui comme dans le cas de la T-Roc sont présents en abondance. L’ensemble est solide, là n’est pas le problème, mais pour une voiture destinée à une population urbaine et branchouille, habituée à la perfection des images d’Instabook et Facetagram, on aurait pu se montrer un peu moins radin sur les matériaux utilisés. Par chance, le combiné d’instrument Active Info Display, l’installation audio Beats et l’éclairage d’ambiance sauvent les meubles.

Aussi en diesel

A son lancement, la T-Cross sera uniquement disponible avec le turbo essence 1.0 TSI, en deux niveaux de puissances toutefois. En plus des 95 ch de l’entrée de gamme, associée à une boîte cinq manuelle, on trouve également une version 115 ch à six vitesses ou avec les sept rapports de la transmission automatique DSG. Plus tard, la gamme sera complétée par le 1.5 TSI (150 ch) et une variante diesel : le 1.6 TDI de 95 ch. Comme prévu, toutes les versions sont mues par les roues avant, Volkswagen dirigeant plutôt vers la plus grande T-Roc pour la transmission intégrale.

Pour notre première prise de contact sur le sol espagnol, nous retenions immédiatement le trosi cylindres 1.0 TSI en combinaison avec la boîte auto DSG (prix de base : 22.125 euros). Un tandem qui montre depuis longtemps ses mérites chez VW, Skoda et Seat, qui montre un peu plus de souplesse que la version d’entrée de gamme plutôt amorphe, et qui par conséquent doit profiter de votre préférence si vous ne lui faites pas passer l’intégralité de sa vie au sein des murs de la ville. Par ailleurs, la consommation normalisée (4,9 l/100 km, 112 g CO2/km) identique et le surcoût (+ 960 euros pour la version manuelle) sont relativement limités.

Sur la route

Sur le trajet plutôt montagneux qui se déroulait sous les roues de notre T-Cross à Majorque, la VW montrait le visage d’une échassière volontaire et facile à emmener – comme il se doit pour une VW. La position de conduite plus élevée résulte en un meilleure visibilité périphérique, alors que l’arsenal de sécurité étendu – avec le contrôle des angles morts en série, l’alerte de maintien de voie et les fonctions de freinage automatique avec reconnaissance des piétons – profitent autant tant à la facilité d’utilisation qu’à la tranquillité d’esprit. En ligne droite, le petit SUV paraît également plus rapide que ce que suggère son chrono de 0 à 100 en 10,2 sec, une qualité à mettre à l’actif d’une boîte DSG réactive ainsi qu’au roulement de tambour enthousiasmé du petit trois cylindres. Malgré un châssis plutôt capable – avec un McPhersons à l’avant et un essieu de torsion à l’arrière – l’expérience de conduite reste néanmoins en retrait par rapport à celles d’une Mazda CX-3 ou d’une Ford Fiesta Active. Mais en même temps, l’intuitif et réactif système d’info-divertissement Discover Media et ses nombreux équipements de connectivité Volkswagen trouvera bien plus spontanément grâce auprès du public cible envisagé.

Conclusion

Tout bien considéré, cette Volkswagen T-Cross de repousse par les frontières du segment surpeuplé des SUV urbains, mais elle colorie joyeusement en dehors des lignes allemandes. Par ailleurs, la T-Cross sait tirer le maximum de son gabarit compact, formant même une alternative crédible à la plus couteuse T-Roc. Le fait que la T-Cross soit à son tour contrée par une Seat Arona moins onéreuse (àpd 16.590 euros) et par une future Skoda promettant encore plus de merveilles en matières d’espace, n’atteint pas Volkswagen : cette T-Cross compense largement avec son look et son caractère extraverti. Précisément les propriétés qui ont permis aux SUV français de grandir…

Fiche technique Volkswagen T-Cross 1.0 TSI 115 ch
Mécanique :  
Architecture et cylindrée : Trois cylindres en ligne essence turbo 999 cm³
Puissance : 115 ch à 6.000 tr/min
Couple : 200 Nm de 2.000 à 3.500 tr/min
Transmission :  
Boîte de vitesse : Automatique à sept rapports (DSG)
Roues Motrices : Traction
Roues : 16″
Pneumatiques : 205/60
Châssis :  
Train Av : McPherson
Train Ar : Essieu de torsion
Freins Av : Disques ventilés
Freins Ar : Disques
Performances :  
0 – 100 km/h : 10,2 sec.
V-max: 193 km/h
Consommation et CO2:  
Conso moyenne officielle : 4,9 l/100 km
Conso moyenne du test : N.B. l/100 km
Emissions de CO2 :
112 g/km
Dimensions :  
LxlxH : 4.108 / 1.760 / 1.584 mm
Empattement :
2.550 mm
Volume du coffre : 455 – 1.281 litres
Volume du réservoir : 40 litres
Poids : 1.250 kg
Tarif :  
Entrée de gamme : 19.975 euros (1.0 TSI 95 ch)
Véhicule d’essai :

23.825 euro (1.0 TSI 115 pk Style)