Quoi qu’on en dise chez BMW, l’avenir sportif de la marque est peut-être en péril. La berline compacte, dynamique à propulsion, celle qui a fait la réputation de la marque, est appelée à disparaître. BMW a annoncé que la prochaine génération de Série 1, sur laquelle se base le coupé Série 2, serait une traction. Et cela pour de viles questions de coûts et d’émissions de CO2. Il est à peu près certain que Motorsport va nous inventer une Série 1 à quatre roues motrices dont le train avant sera débrayable. Mais ce sera peine perdue auprès des die hard. BMW aura vendu son âme au diable, aussi démoniaque soit-il.

La dernière M2

Du coup, c’est avec beaucoup d’enthousiasme, mais aussi un pincement au cœur que nous y sommes allés ! Et nous devons avouer que nous avions oublié à quel point c’est bien, une M2. Sunset orange, jantes forgées noires, quatre sorties d’échappement, grosses ailes et haricots noirs. Vous noterez les quelques accessoires que s’offre notre version Perfromance. Avec les coques de rétro en carbone, le capot en carbone partiellement apparent et les petits retours de jupes latérales. Ca ne sert à rien, mais ça donne bien.

La M2, souffle chaud dans le froid

L’explosif six cylindre BMW fait partie des Grandes Merveilles du monde automobile. Vous noterez l’abondance de carbone !

Lorsque nous prenons les commandes de notre orange engin, c’est la douche froide. Littéralement ! Il fait moche, il fait froid, les pneus ne sont pas rodés et pas adaptés à ces conditions. Pas super rassurant. Mais surtout frustrant car nous n’avons qu’une envie : botter le derrière du nouveau six en ligne de la M2.

Les ingénieurs Motorsport ont bazardé le vieux trois litres à simple turbo pour récupérer le nouveau six en ligne des M3 et M4. Un moteur mieux lubrifié, mieux refroidi, qui développe 410 chevaux et 550 Nm de couple. C’est un six cylindres et ça devrait le rester ! La sonorité de ces mécaniques demeure inimitable, multiple, du sourd à l’aigu. De la discrétion du ralenti aux petits râles qui apparaissent lors des changements de rapports. D’autant plus satisfaisant que BMW Belgium avait eu la judicieuse intuition de commander le bolide en boîte manuelle. Et oui, ça existe encore !

Orgasmes à 7.600 t/min

410 chevaux, c’est largement assez… Pour se faire mal, perdre son permis, faire fuir quelques amis, rendre folle votre moitié,… C’est peut-être même un peu trop pour s’amuser sur nos chaussées. Il est en effet difficile de trouver l’espace pour mettre toute cette cavalerie à l’épreuve. On notera que le moteur est plus plein, plus velu, mais marqué par un peu plus d’inertie, malgré un régime maxi rehaussé à 7.600 t/min.

Présenter au client un volant à la jante aussi épaisse en lui vendant que cela fait sport, revient à prendre le vrai connaisseur pour un inculte fan de Fast & Furious !

Mais pourquoi ?

Aborder la suite nous amène d’emblée à évoquer les quelques tares agaçantes de cette M2 Competition. Pourquoi diable BMW s’évertue-t-elle à installer des volants aussi épais ? C’est inutile, puéril et peu ergonomique ! Il en va de même pour le double débrayage automatique. S’il est cette fois paramétrable, il n’y a qu’en désactivant l’ESP qu’il est possible de s’en débarrasser. Pourquoi ? Nous ajouterons encore une course d’embrayage un peu longuette en conduite sportive. Et, enfin, aux véritables intéressés, nous conseillerons de soigner le choix de la monte pneumatique, les conditions météos de nos contrées et l’état parfois grotesque de la surface de nos chaussées rend la conduite folklorique.

Aime 2

Au delà de son tempérament guerrier, la M2 n’impose que peu de sacrifice en usage quotidien.

Passons enfin au plus réjouissant, le comportement de la plus fidèle des M ! Sa direction précise et incisive donne confiance dans un châssis en apparence capable de tout. Il gratifiera les amateurs de courbes rapides, comme ceux qui aiment dessiner des « S », des « , » et autres « O » sur le bitume. Réactive et nerveuse, elle nécessite tout de même un peu de technique. Ses performants (sur sol adhérent) et larges boudins, son différentiel à glissement limité piloté électroniquement, et son châssis affûté en font un jouet magnifique. Parfois brutal, tantôt prompt à glisser, tantôt catapulté vers l’avant par une redoutable motricité.

Plaisir sans frein

Désireux d’aller véritablement au bout des choses, les responsables du projet proposent par ailleurs un kit de freinage hautes performances. Disques plus grands, étriers six pistons à l’avant et quatre pistons à l’arrière. Nous ne pouvons que vous les conseiller, ne serait-ce que pour la consistance de la pédale centrale ! Et comme il devient malheureusement de plus en plus difficile de se faire plaisir sur nos routes, nous nous devons de vous assurer que cet engin est parfaitement adapté au quotidien. Radicale quand son pilote l’exige, elle peut également se montrer particulièrement civilisée, presque confortable…

Conclusion :

Nous n’avons pu lutter. Nous nous sommes laissés attendrir par cette petite effrontée de fin de race. Un engin caractériel, dont l’envoutant six cylindres est sublimé par un châssis efficace et polyvalent à la fois. Quant à ses quelques défauts, ils sont d’autant plus frustrants qu’ils sont le fruit de choix délibérés de BMW qui peine à coordonner les exigences des pilotes affutés à la futilité des fans de Fast & Furious. Et pour en terminer, ne soyez donc pas rebuté par les 64.950 euros exigés par le modèle de base. Non seulement c’est une affaire à ce niveau de performance, mais il se justifient par du Motorsport 100 pur sang !