En ce dernier week-end d’avril, nous avons pris la route de nos belles Ardennes pour prendre part à la 18ème édition de la grande classique printanière qu’est l’ING Ardenne Roads. Et quel régal !

Pour découvrir l’ensemble de notre périple, il vous faudra faire l’acquisition cet été de notre prochaine édition du Magabook, le #7, par lequel nous vous ferons vivre nos 600 kilomètres de course depuis l’habitacle de « notre » 911. Mais en attendant, voici déjà quelques considérations sur l’épreuve.

Ce sont parfois les organisations les plus impromptues qui sont les plus savoureuses. Quelques jours à peine avant le départ de cette 18ème édition de l’un des rallyes de régularité les plus courus du pays, nous faisions encore d’autre plans pour le week-end.

Assimiler

Au secrétariat de l’épreuve je rencontre mon copilote et découvre que nous sommes engagés sur une Porsche 911. Un modèle Targa de 1972. Je n’ai que 3 départs en rallye de régularité à mon actif et mon journaliste-copilote du week-end n’a aucune expérience. Quant à la 911… c’est l’inconnue. Je ne compte pas plus d’une dizaines de kilomètres en 911 des années 70. Clopin-clopant, nous passons au travers du contrôle technique, de la formation théorique à la régularité et du prologue déterminant l’ordre de départ. Nous découvrons, Pierre-Henri surtout, celle qui sera responsable du classement tout au long du week-end : la table de moyennes. Une sorte de fichier Excel vous indiquant combien de temps vous devez mettre pour parcourir chaque centaine de mètres. Le défi, y coller au plus près et déceler les changements de moyennes, lorsque l’on passe de 50 à 45, 40, 36 ou 30.

Poste de travail improvisé ! Deux distance-mètres GPS, un chrono improvisé via un smartphone, le road-book et la fameuse table de moyennes qui donnera la nausée à Pierre-Henri…

Dans le vif du sujet

L’ING Ardenne Roads est une épreuve qui se veut sportive mais sans prise de tête. Conviviale, mais sans compromis sur le réceptif. Du coup, dès le lendemain, nous découvrons un road-book précis mais pas détaillé à l’extrême. Une série d’instruction représentées en boules-flèches, qui doit être lu en même temps que la fameuse table. C’est là que Pierre-Henri a commencé à trouver l’expérience beaucoup moins drôle ! Pour jouer le jeu et ne pas se retrouver dans les profondeurs du classement, il faut à la fois lire le road-book, se montrer attentif aux distance intermédiaires et vérifier que l’on tient le bon rythme. Ah oui, et garder la voiture sur les Roads des Ardennes…

Apprentissage à l’arrache

Par malheur, mes précédentes expériences m’offraient l’opportunité de rouler avec des pointures de la discipline, avec pour conséquence une maîtrise toute relative des trucs et astuces pour gérer l’ensemble des paramètres avec lesquels jonglent les as. Difficile de former un équipier avec des notions…

L’ING Ardenne Roads offre aux amateurs de voitures Pre-Wars de prendre part à un bel évènement, avec des engins exceptionnels, comme cette Dealge D6-70 Le Mans.

La bagnole

Et avec tout cela, on ne vous a pas encore parlé de notre superbe 911 2.4 T Targa de 1972. Un joli bolide, dans un excellent état, qui nous vient de la collection State of Art. Oui, l’enseigne de prêt à porter qui marie goût vestimentaire et goût automobile. Une Porsche ancienne étant très particulière à conduire, nous abordons la copieuse première journée avec beaucoup d’humilité. Histoire de comprendre empiriquement le mode d’emploi de la bestiole.

Endurance

D’autant que si le rythme imposé par les organisateur est parfaitement tenable, il faut rester attentif et ne pas confondre rallye de prestige avec flânerie. Au cours de la premier journée, nous avalerons près de 400 km, en prenant la direction de Manhay, La Roche, Neufchateau, pour faire un premier arrêt du côté de Grandvoir, dans une ancienne ferme joliment reconvertie en lieu évènementiel. Le lunch est soigné et les discussion vont bon train. Les concurrents rient et se charrient. Avant de reprendre le volant et de redescendre sur Spa via Libramont, Erezée…

Belle belgique

Les régions traversées sont incroyables. Variées. La Belgique peut être très belle lorsque l’on la serpente. Et quelle routes ! Leur état est parfois grotesque, mais les paysages et les sillons qu’elles forment sont à couper le souffle. Au cours de la journée, nous aurons connu tous les temps : nuages, soleil éclatant, grêle, crachin, draches. Voilà qui gâche un peu le plaisir des yeux et qui rend la conduite plus délicate. Le nez dans ses papiers, l’estomac posé sur les aspérités de la route, Pierre-Henri connaîtra quelques épisodes de mal du transport. Quant à moi, c’est un baquet un peu étroit et un pédalier pour garçons musclés qui m’auront fatigué.

Outre son aspect sportif et presque gastronomique, l’ING Ardenne Roads permet de découvrir les recoins les plus improbables du sud du Royaume.

Soirée blanche

Le soir même, nous sommes reçus comme des princes dans la Grande salle du Centre culturel de Spa. Une soirée blanche qui se muera presque en nuit blanche pour les plus festif. Coupettes et petit fours, buffets gargantuesques et chanteuse à la voix suave. Ça change de la buée et des secousses de la 911 !

Matinée sportive et goûteuse

La nuit fut courte. J’avais oublié de faire le plein la veille ! Et je savais que nous serions gâtés en ce dimanche matin. Nous allions rouler dans l’Eifel, sur les toits de la Belgique, à l’extrême Est. Je connais bien la région… et je l’adore. Encore plus depuis lors ! Routes étroites, sinueuses, merveilleusement revêtues. Quatre étapes de classement au programme. Une longue, trois courtes. Pas le temps de souffler.

Pierre-Henri souffre mais enchaine ! Je m’amuse comme un petit fou sur ces routes rendues glissantes par les conditions froides et humides. D’ailleurs, l’équipe de Trajectoire mérite une médaille, pour sa sympathie, certes, mais pour sa dévotion aussi. Les contrôleurs ont piétiné durant des heures, par quatre degrés ou sous la drache, au milieu de nulle part. Modèles d’abnégation !

Le dernier lunch aura lieu dans la région de Sprimont, et affirmera encore que les organisateurs de l’ING Ardenne Roads, en plus d’être de bons entraineurs sportifs, sont de fameux gourmets !

Expérience intense

Une dernière RT, sans grand intérêt, et nous rentrons à Spa pour savourer un dernier verre de bulles sur le podium final. Ce fut long et suffisamment sportif à mon goût. Mon « copi » était content d’en terminer. « Je me suis bien amusé ce matin. C’était sympa, rythmé ! Mais hier, quelle galère. Chouette expérience, mais je ne recommencerai pas la semaine prochaine… ».

Résultat final : nous rentrons à la 49ème position, avec une petite pointe de déception. Nous commettions en effet une grosse erreur en fin de première journée qui nous coûtait près de 180 points de pénalités et une place dans le top 30 ! Mais au vu des conditions, nous pouvons être satisfait du résultat. Un top 50 pour des novices. Pas la moindre égratignure. Pas la moindre erreur de navigation. Une bonne ambiance dans la voiture. Et une découverte formidable. Les organisateurs de ce genre d’évènements doivent être salués de permettre aux passionnés de vivre aussi intensément l’automobile !