Bugatti Brussels : 15 questions pour tout savoir sur la marque (vidéo)

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A l’occasion de l’ouverture de la nouvelle concession Bugatti de Bruxelles, AutoBuzz a rencontré le Dr. Brungs, Head of Sales & Marketing chez Bugatti pour une discussion portant sur la Chiron, sur la place de la marque sur l’échiquier mondial et sur son avenir.

Cette matinée d’automne est inédite pour les amateurs d’automobile en Belgique. Au sein de l’implantation historique de D’Ieteren, rue du Mail, en plein centre de Bruxelles, Thierry du Parc, General Manager de Bugatti Belgium ouvrait officiellement le show-room belge de la marque à l’éléphant. Quelques dizaines de mètres carrés à l’atmosphère soignée, à la déco inspirée et au mobilier raffiné. C’est dans ce cadre que nous rencontrions, non seulement la nouvelle Bugatti Chiron, mais également, le Dr. Brungs, pour une discussion à bâtons rompus au sujet de la célèbre marque désormais franco-allemande.

AutoBuzz : Que représente pour vous une telle ouverture dans notre petit Royaume ?

KPM / BUGATTI Pressekonferenz
Dr. Stefan Brungs

Dr. Brungs : Pour nous, la Belgique est un marché très important en Europe. Le nombre de connaisseurs, d’amateurs de voitures, d’experts et de petrolheads y est colossal. Il y a une forte culture automobile, de clubs Bugatti et d’autres ayant une grande tradition.

AB : A ce titre, la relation avec le groupe D’Ieteren est précieuse…

Dr. Brungs : Si je ne me trompe pas, Volkswagen est le second partenaire le plus ancien du groupe Volkswagen. Et D’Ieteren compte maintenant 200 ans d’histoire, c’est plus vieux que la Belgique elle-même ! Nous sommes très heureux d’être associés à ce nom, d’autant qu’il représente toutes les marques du groupe Volkswagen et le fait avec un grand professionnalisme et une grande fierté.

Voilà déjà 10 ans que nous travaillons avec D’Ieteren. Ce n’est pas une nouvelle relation, mais ce qui est neuf c’est ce Bugatti show-room exclusif. Nous sommes très heureux de ce nouvel investissement pour la marque Bugatti.

AB : Qu’attendez-vous de la Chiron en matière de ventes ?

Dr. Brungs :Nous ne projetons pas véritablement de chiffres de ventes. Mais pour l’Europe nous attendons 40 % des ventes mondiales, ce qui correspondrait à 200 voitures et peut-être cinq à dix voitures en Belgique tout au long de la carrière de la Chiron.

AB : Qu’est-ce qu’on peut trouver dans les cartons « à faire » de Bugatti ?

Dr. Brungs :La Chiron est le second modèle du nouveau régime de Bugatti. Nous avons connu dix belles années avec la Veyron et maintenant nous en sommes seulement à la phase de lancement de la Chiron. Après 10 années, une nouvelle voiture, c’est un moment très spécial pour nous. C’est une manière d’évoluer. C’est évident si vous regardez le design entièrement neuf, moderne, frais et aussi un peu plus agressif.

AB : Cette durée de vie n’est-elle pas un désavantage ?

Dr. Brungs :Pour la Chiron nous attendons une durée de vie de 8 ans. On en construit en moyenne une par semaine. C’est le temps que nous prenons pour faire les choses de la meilleure manière. Pour nous, c’est plus qu’une voiture, c’est une œuvre d’art. L’art reste toujours désirable et contemporain. Nous sommes convaincus qu’en 2020, cette voiture sera toujours une star.

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AB : Que pensez-vous de ces multiples constructeurs, souvent confidentiels qui annoncent des puissance ou des vitesses démesurées ?

Dr. Brungs : C’est encourageant, c’est chouette. Ils sont tous en train d’affirmer qu’ils ont 2.000 chevaux, qu’ils sont plus rapides que nous, mais personne n’a encore pu le prouver. C’est bien de voir d’autres marques se lancer dans la même partie.

AB : Vous disposerez toujours face à cela d’un avantage de taille : une histoire !

Dr. Brungs :L’histoire de Bugatti est très importante pour nous ! Ces racines, cet héritage. Si vous regardez le design de la Chiron, vous retrouvez le fer à cheval, ces lignes caractéristiques, dont certaines viennent de l’Atlantic. C’est essentiel pour nous, surtout en matière d’approche et d’esprit. A l’image d’Ettore Bugatti, nous essayons de créer des objets vraiment uniques et incomparables, performants et exclusifs. Ca nous donne inspiration et force.

AB : Combien de kilomètres parcourt annuellement le client Bugatti ?

Dr. Brungs : Ca varie. La moyenne est de 1.400 km, ce qui, si vous considérez que le client moyen, dispose de plus de 40 voitures, d’avions, d’hélicoptères et d’autres moyens de transport, est déjà beaucoup. Elle semble donc être leur voiture favorite.

Nous encourageons bien sûr nos clients à rouler, nous organisons des évènements. Nous venons d’ailleurs de faire un « Grand Tour » au Portugal, durant lequel nous avons parcouru 1.200 km et l’automne dernier, nous avons également fait un « Grand Tour » autour de la mer Baltique, de plus de 1.000 km. Nous donnons l’opportunité aux clients de rouler avec leurs voitures et nous les accompagnons.

AB : Et les technologies de pointe de vos voiture le permettent…

Dr. Brungs : La garantie sur le Chiron est de 4 ans, kilométrage illimité, et nous offrons d’élargir cette garantie à 10 ans et plus. Nous croyons dans cette voiture et nous savons qu’elle est fiable. C’est pourquoi nous encourageons vraiment nos clients à l’utiliser.

AB : Comment envisagez-vous la Chiron par rapport à la Veyron ?

Dr. Brungs : Ces voitures sont et restent des œuvres d’art. Même la Veyron demeure une belle voiture, continue à être désirable. Nous disons que cette voiture est « a lot of beauty, but even more beast ». Nous l’avons rendue un peu plus anguleuse, avec des surfaces plus précises et des angles plus marqués. Et puis, nous avons dû modifier le design pour accueillir 25 % de puissance en plus. Il faut en extraire la chaleur, il faut la refroidir. C’est pourquoi l’essence de son design a été dictée par la performance. Et c’est pourquoi, par exemple, l’arrière a été dessiné de cette façon, pour sucer l’air chaud vers l’extérieur.

AB : Qu’en est-il de la Galibier ?

Dr. Brungs : La Galibier a été mise au frigo. C’était un projet intéressant mais nous avons décidé de lancer la Chiron et de la préparer à son introduction sur le marché.

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AB : Est-ce que le projet est en attente ?

Dr. Brungs : Nous disons qu’il est au frigo… Parce que nous sommes une marque à modèle unique ! Et nous continuerons à ne commercialiser qu’un modèle après l’autre.

AB : Était-ce le cas dans l’histoire de la marque ?

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Une Bugatti Type 35 C à Goodwood.

Dr. Brungs : Oui. Nous avons d’abord eu la Brescia, puis la type 35, puis la 37 et la 41. C’était donc une voiture par période.

AB :Quels sont les marchés les plus intéressants pour Bugatti ?

Dr. Brungs : Le continent qui marche le mieux est l’Europe, devant l’Amérique du Nord, le Moyen et puis l’Extrême Orient. Au sein de l’Europe, c’est le Royaume-Uni qui tient la tête, suivi par la Suisse et l’Allemagne. Les marchés évoluent et il y a des caractéristiques typiques par marché. Par exemple, les USA sont toujours avide de nouvelles technologies, alors que le Moyen Orient est plutôt stable. L’Asie est également un marché intéressant pour nous, en croissance, tout comme le Japon.

AB : Est-ce que le dieselgate a eu un impact sur la stratégie de Bugatti ?

Dr. Brungs : Par chance nous n’avons pas de moteur diesel… Avec notre moteur 16 cylindres essence, nous n’avons pas été affectés [sourires] ! Mais pour répondre à votre question, tout a été analysé en détails. Le développement de la Chiron était déjà terminé et nous avions déjà enregistré les commandes. La décision de commercialiser une supercar avait été prise 4 ans plus tôt, soit bien avant le dieselgate.

AB : La question de l’hybridation a-t-elle été posée ?

Dr. Brungs : Nous pouvons imaginer une version hybride de cette voiture, nous l’avons simulé, nous l’avons testé, mais nous croyons qu’un moteur à combustion est le « hart and soul » de nos voitures, qu’il nous rend unique et que nos clients y sont attachés, à ses performances et à sa sonorité. Comme une partie de nos clients est collectionneur, elle est rassurée par cette mécanique plus traditionnelle, sur laquelle le temps n’a que peu d’effet.

AB : Avez-vous eu l’occasion de prendre le volant de cette nouvelle Chiron ?

Dr. Brungs : Oui, j’ai eu le plaisir de la conduire… C’est vraiment impressionnant ! Enfoncer l’accélérateur vous coupe le souffle. Mais le plus saisissant, c’est sa dynamique sur la route. Il y a quatre modes de conduite dont un mode normal qui lui permet de rouler comme une Bentley Continental, très confortable. A l’opposé, vous avez le mode handling, avec plus d’appui et 65 % de la puissance à l’arrière. Il permet d’attaquer sur la piste et même de se lancer dans une séance de drift… Breathtaking !