Essai Renault Trafic SpaceClass : Révolution de Salon

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Au pays des minibus, la croyance populaire considère que l’on parle généralement allemand. Avec ce SpaceClass, Renault compte bien y avoir son mot à dire.

Pour offrir de la mobilité à leur clientèle, les sociétés de taxi, services de shuttle et autres hôtels ne jurent depuis des années que par les Volkswagen Multivan et Mercedes-Benz Classe V. Pas uniquement pour la réputation des deux modèles et leur standing premium, également aussi par pure nécessité : jusqu’il y a peu, ces deux marques étaient les seules à proposer de luxueux people carrier. Malgré un marché des minibus relativement étroit, on y note une forte croissance, de 19 % l’an dernier. Un attrayant gâteau pour une modeste tablée, donc … Un tel contexte, sur un marché auto ultra-compétitif ne dure généralement pas bien longtemps.

Ceci n’est pas un Trafic

Une croissance du marché à mettre au compte d’un certain nombre de nouveaux arrivant, à savoir les Citroën SpaceTourer, Peugeot Traveller et Toyota ProAce Verso. Un trio (techniquement identique) issu du camp PSA, jusqu’à nouvel ordre, rival attendu de l’alliance franco-japonaise Renault-Nissan. L’arrivée de cette Renault SpaceClass – le mot Trafic étant délibérément laissé de côté par les français – était donc programmée depuis bien longtemps déjà…

Le défi auquel Renault fait face nous sautait aux yeux dès notre arrivée à l’aéroport de Paris, où nous étions pris en charge par le nouveau Trafic SpaceClass, devant se frayer un chemin au milieu de la meute de Mercedes Classes V alignés dans la zone réservée aux taxis. Même au pays du chauvinisme, les businessmen se laissent vraisemblablement plutôt bercer par un produit allemand, même si ces importantes personnalités devaient reconnaître que la Renault a bien peu à envier à sa concurrente de Stuttgart en matière de design. Ses jantes spécifiques de 17 pouces diamantées, l’exclusive teinte de carrosserie gris comète et les feux de jours à LED en forme de L soulignent les ambitions à la fois discrètes et luxueuses de la SpaceClass, qui contrastent d’autant plus avec l’inclinaison utilitaire du Trafic Combi. De sorte que vos VIP ne soient pas vu comme des forces bâtisseuses à leur arrivée à destination.

Aux côtés de la version Signature destinée à la classe affaire, Renault prévoit également une variante Escapade pour les familles nombreuses et adeptes de camping, facilitant les arrêts nocturnes (plus ou moins) improvisés par la possibilité de convertir les sièges arrière en couchette bi-place.

50 configurations

En nous installant sur l’une des six places disponibles dans notre SpaceClass Signature, il apparaît comme une évidence que Renault a également joué la carte d’une élégance sobre, avec un habillage en carbone sombre, un ciel de toit à LED intégrés, des inserts en chrome satinés et de véritables tapis de sol. Seule affront à ses aspirations, les portes coulissantes s’ouvrant à la main, dont le bras est visible depuis le troisième rang de sièges.

Quoi qu’il en soit, en tant que passager vous n’avez que peu à vous plaindre du Space Class. Renault est parvenu à créer une ambiance intime et professionnelle, avec des vitres assombries, des sièges de bonne facture (contre surcoût en cuir) et un équipement pléthorique, comprenant les ports USB de plus en plus indispensables à la recharge des smartphones et tablettes, mais également de vraies prises 220V et même une véritable table de réunion, qui se manipule en un tournemain pour disparaître dans la console centrale. Grâce aux sièges coulissants sur des rails, la SpaceClass dispose d’un total de 50 configuration de sièges possibles (de deux à neuf places), au-delà d’un espace de chargement de 1.000 (L1) ou 1.800 litres (L2). Avec les sièges du rang arrière escamotés, on dispose même d’un volume de charge de 2.500 à 3.400 litres.

Le client est roi

Après notre transport en mode VIP, nous avions l’opportunité de prendre le volant pour un bon 200 kilomètres, au travers de l’Oise française. Un galop d’essai mené, par la force des choses, avec le puissant 1,6 dCi de 145 ch, car la version 125 ch brillait (volontairement ?) par son absence. Par conséquent, nous ne pouvons dire que peu de choses du potentiel de prestations du modeste diesel, même si nous imaginons bel et bien que la technologie bi-turbo du dCi porte ses fruits. Le 1.6 dCi 145 adopte un rythme souple, aidé en cela par l’étagement rapproché de la boîte manuelle à six rapports. Bien entendu, il ne faut pas attendre d’une telle caisse à roulettes de cinq mètres de long une conduite entrainante, même si nous étions particulièrement séduits par les excellentes capacités de filtration de la suspension et d’étouffement des bruits mécaniques et de roulement. La direction de la SpaceClass agit de manière un peu plus vague que celle de la Classe V, mais les débattements plus importants et la suspension arrière à barre Panhard assurent aux passagers un confort royal. Le client est toujours roi…

Le gros point faible de cette SpaceClass est donc à trouver du côté du conducteur, où l’indisponibilité d’une boîte automatique menace ses chances de succès commercial. Certainement dans ce segment où bouffer les kilomètres fait partie de la norme.

Conclusion

Renault propose avec la SpaceClass une alternative complète et budgétairement intéressante à l’actuelle cohorte de minibus de luxe. Avec un tarif débutant à 38.900 euros, Renault se faufile entre ses concurrentes de Citroën et Peugeot, même si la boîte automatique que proposent ces deux dernières leur offre un avantage indéniable…

Fiche technique Renault SpaceClass 1.6 Energy dCi 145
Mécanique :
Architecture et cylindrée : Quatre cylindres en ligne biturbo diesel 1.598 cm³
Puissance : 145 ch à 3.500 tr/min
Couple : 340 Nmà 1.750 tr/min
Transmission :
Boîte de vitesse : Manuelle six vitesses
Roues Motrices : Traction
Roues : 16″
Pneumatiques : NC
Châssis :
Train Av : McPherson
Train Ar : Essieu de torsion avec barre Panhard
Freins Av : Disques ventilés
Freins Ar : Disques
Performances :
0 – 100 km/h : 11,1 sec.
V-max: 177 km/h
Consommation et CO2:
Conso moyenne officielle : 5,9 l/100 km
Conso moyenne du test : 8,5 l/100 km
Emissions de CO2 :
152 g/km
Dimensions :
LxlxH : 4.999 / 1.956 / 1.971 mm
Empattement :
3.098 mm
Volume du coffre : 1.000 litres
Volume du réservoir : N.C
Poids : 1.882 kg
Tarif :
Entrée de gamme : 38.900 euros
Véhicule d’essai : 40.150 euros