Après avoir pesé longtemps le pour et le contre, Citroën a décidé de remplacer le C3 Picasso par le C3 Aircross, un robuste SUV au caractère familial. Nous avons vérifié si les Français ont fait le bon choix.

Nous sommes en 2014, quelque part aux alentours de Paris. Au quartier général de la marque aux chevrons, plusieurs nœuds cruciaux doivent être dénoués pour la carrière du C3 Picasso. À l’époque, ce dernier joue un rôle de taille dans le segment des monovolumes compacts. La lubie des SUV pousse toutefois de très nombreux clients dans les bras du Renault Captur, tout juste lancé, et de la Peugeot 2008, qui combine (une certaine dose de) fonctionnalité à un look de crossover branché. Retour en 2017 : le hype du SUV fait plus que jamais rage, le moment idéal pour présenter au monde le C3 Aircross – adieu Picasso. Citroën semble donc avoir parié et gagné… pour autant que le C3 Aircross parvienne à se faire une place parmi les très nombreux SUV compacts.

Un visage connu

Bien que Picasso soit passé de vie à trépas pour la seconde fois, le design du C3 Aircross laisse à tout le moins supposer que le grand maître espagnol s’en est mêlé en personne. En effet, le C3 Aircross est un petit SUV d’où jaillissent frivolité et personnalité, même s’il partage quelques traits de caractère avec la C4 Cactus et la C3 « ordinaire ». Ainsi, le C3 Aircross dispose à l’avant de la signature lumineuse typique, avec deux feux placés l’un au dessus de l’autre, les feux de jour à LED débouchant dans les doubles chevrons à l’aide d’une double baguette chromée. Une astuce visuelle pour accentuer la largeur de la voiture. Ou est-ce – après examen plus approfondi – pour dissimuler que ce C3 Aircross présente de nombreux points communs avec le Crossland X du tout récent partenaire d’écurie, Opel ?

Ainsi, le C3 Aircross est assemblé dans l’usine d’Opel à Saragosse, et les deux voitures (comme la Peugeot 208 et la Citroën C3 d’ailleurs) partagent la plate-forme à traction avant PF1/A du groupe PSA. Si avec 4,15 mètres, l’Aircross concède 6 centimètres à son homologue allemand, il met en revanche de nombreuses possibilités de personnalisation supplémentaires dans la balance pour attirer les jeunes pères et mères dans les show-rooms de Citroën. Au total, le C3 Aircross peut se décliner en plus de 90 combinaisons différentes, avec huit teintes de caisse, trois couleurs de toit contrastantes et divers Packs Couleur (Orange, Argenté, Blanc), apportant une touche de finition bigarrée aux rails de toit, vitres de custodes arrière, coques de rétroviseurs, cerclages de projecteurs avant et roues. Et les fameux Airbumps, demanderez-vous ? Ceux-ci demeurent (hélas) réservés à la C4 Cactus et à la C3 ordinaire.

Intérieur intelligent

Dans l’habitacle, le C3 Aircross revient en revanche à la recette classique du monovolume héritée du C3 Picasso, accordant la priorité à la modularité et à la fonctionnalité. Ainsi, nous notons entre autres une banquette arrière avec dossiers rabattables en deux parties et (comme pour le Crossland X) assises coulissantes sur 15 centimètres, un pare-brise arrière ouvrant et un plancher de coffre réglable en hauteur, afin d’utiliser de manière optimale les 410 litres disponibles (un record dans le segment). Le C3 Aircross propose par ailleurs deux options uniques : le siège passager avant rabattable, permettant de disposer d’une longueur de chargement jusqu’à 2,4 mètres, et le toit ouvrant panoramique vitré (+ 950 euros).

Comme tout SUV moderne qui se respecte, le Citroën C3 avance un éventail royal d’astuces technologiques. L’écran tactile 7 pouces du système d’infodivertissement n’est toutefois pas le plus réactif et présente quelques failles en matière d’ergonomie. Ainsi, il faut fouiller plus que de coutume dans les menus pour les fonctions les plus courantes, comme le réglage de l’air conditionné. Qu’y a-t-il de mal à installer une simple molette, Citroën ?

Au niveau de la sécurité, l’arsenal des chiens de garde électroniques a été élargi par un régulateur de vitesse intelligent avec reconnaissance des panneaux de circulation, une caméra de recul avec aide active au stationnement, un freinage automatique d’urgence (entre 5 et 85 km/h), une surveillance d’angle mort et l’alerte de franchissement de ligne (à partir de 60 km/h). Une évolution que nous ne pouvons qu‘applaudir… si ce n’est que les Français demandent encore un supplément de 450 euros pour l’ensemble du pack sécurité.

Plutôt confortable que réactive

Le C3 Aircross navigue sous le nouveau pavillon « Citroën Advanced Comfort », un ingénieux terme de marketing qui veut nous ramener aux Citroën presque flottantes de jadis. Le C3 Aircross ne flotte pas encore, même s’il faut bien admettre que l’excellente position d’assise, la suspension clairement axée sur le confort et l’isolation de qualité permettent une expérience de conduite particulièrement apaisante. La direction manque un peu de répondant dans les courbes rapides, mais les clients du C3 Aircross n’en perdront pas leur sommeil pour autant. Lors de notre première prise de connaissance, nous avons testé le moteur turbo essence 1,2 litre de 110 ch associé à une boîte automatique à six rapport de chez Aisin. Une motorisation sobre au ronronnement très plaisant, qui prendra probablement à son compte une grande majorité des ventes dans notre pays. Ceux qui parcourent de très nombreux kilomètres pourront quant à eux toujours opter pour les moteurs 1.6 BlueHDi de 100 ou 115 ch, associés à une boîte manuelle à six rapports.

Conclusion

Avec le C3 Aircross, Citroën livre l’un des SUV compacts les plus pratiques aujourd’hui disponibles sur le marché. S’il ne se distingue pas du tout par ses qualités off road, il se révèle être, en revanche, un compagnon de voyage très confortable sur le bitume. Son prix de départ de 15.755 euros est relativement démocratique, même s’il faut plonger dans la liste des options pour les joujoux riches en couleurs (ainsi que pour les systèmes de sécurité active, malheureusement)…

 

Fiche technique C3 Aircross 1.2 PureTech 110 EAT6

Moteur :
Configuration et cylindrée : Moteur turbo trois cylindres 1.199 cm³
Puissance : 110 ch à 5.500 t/min
Couple : 205 Nm à 1.500 t/min
Transmission :
Boîte de vitesses : Automatique à six rapports
Transmission : Traction avant
Roues standard : 16″
Pneus standard : 205/60
Châssis :
Essieu avant : Pseudo-MacPherson
Essieu arrière : Essieu de torsion
Freins avant : Disques ventilés
Freins arrière : Disques
Prestations :
0 – 100 km/h : 10,6 sec
Vitesse maximum : 183 km/h
Consommation et CO2 :
Consommation moyenne renseignée : 5,6 l/100 km
Consommation pendant le test : /
Émission de CO2 : 126 g/km
Dimensions :
LxLxH : 4.154 / 1.756 / 1.597 mm
Empattement : 2.604 mm
Volume de coffre : 410 litres
Réservoir de carburant : 45 litres
Poids à vide : 1.278 kg
Prix :
À partir de : 15.755 euros (1.2 PureTech 82 Live)
Prix + option de la voiture de test : 22.105 euros (1.2 PureTech 110 EAT6 Shine)

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