Si le mot premium a très longtemps été prononcé avec l’accent allemand, PSA tente aujourd’hui de lui donner une consonance plus française. Le porte-parole de service ? Cette fois, c’est la jeune marque DS, définitivement détachée de Citroën, qui s’y colle. Et avec cette DS 7 Crossback, la marque tricolore peut enfin se présenter comme un premier SUV « 100 % DS ». Que vaut un Q5 à la française ?

En suivant les statistiques de ventes, vous aurez certainement compris que la marque DS « indépendante » a plutôt pris un faux départ. Il ne faut pas chercher bien loin les raisons de ces résultats décevants, car la jeune marque premium devait jusqu’ici se contenter de Citroën un peu « pimpées ». Ce traitement impitoyable connaitra enfin un terme, car avec la DS 7 Crossback, la marque peut enfin compter sur une DS enfin conçue et développée par et pour elle-même ! Une tactique qui semble d’emblée porter ses fruits, car avant même que les premiers exemplaires ne voient le jour, les 11 DS Stores belges et luxembourgeois comptaient non moins de 400 bons de commandes. La semaine dernière, nous chevauchions l’une des premières DS7 présentes sur le sol belge… avec une belle surprise à la clef.

Ambiance et convivialité

Nous nous devons avant tout de revenir quelque peu sur nos propos : cet SUV 100 % DS repose sur les fondamentaux techniques associés à la plateforme EMP2, celle de son équipière au sein de l’écurie PSA, la Peugeot 3008. DS l’a nappée d’une sauce aux saveurs de luxe, avec un habitacle à l’atmosphère originale débordant de motifs diamantés et assurant à l’ambiance générale une certaine convivialité. Cuir piqué, une montre analogique de la maison française B.R.M, un large tunnel central aux boutons de commande dessinés avec inspiration… DS a tout mis en œuvre pour ne pas reproduire une Citroën. L’ambiance de notre voiture d’essai Rivoli (DS propose la DS 7 Crossback avec cinq lignes d’ambiance baptisées « Inspirations » : Rivoli, Bastille, Faubourg, Opéra ou Performance Line, ndlr) laissait échapper des parfums français totalement étrangers à celles de la concurrence affairiste, alors que l’impression de qualité résistait avec les honneurs à notre première analyse.

Comme dans la Peugeot 3008, un écran de tactile central accompagné de quelques boutons pour les opérations les plus courantes, de sorte que vous ne vous perdiez pas constamment (comme dans la 308) d’un menu à l’autre.

Pour souligner ces ambitions premium, la DS 7 Crossback poursuit avec une mise à jour technologique, avec l’essieu de torsion arrière remplacé par une version multi-bras, des amortisseurs adaptatifs, et l’optionnel Active Scan Suspension capable de lire les irrégularités du revêtement routier et d’y adapter la suspension. Plus de raffinement encore du côté de son look plutôt distingué, donnant à cette DS 7 Crossback des allures que l’on peut comparer à celles d’un SUV premium allemand. Eyecatchers par excellence, ses « DS Wings » – dont raffolent les Chinois – et les feux arrières joliment dessinés, arborant eux aussi le fameux motif diamanté. Ils figurent aux extrémités du couvercle de malle « wrap-around », un derrière clairement inspiré de celui de l’Audi Q5… un hasard, sans doute.

D’abord la forme, ensuite la fonction !

Le fait que DS ait consacré une attention toute particulière aux détails visuels, n’empiète pas sur les atouts pratiques de cette DS 7 Crossback : un coffre aux contours pratiques, à l’ouverture électrique, d’un contenu de 628 l, doté d’un plancher à hauteur réglable, par exemple ; cinq centimètres de plus en empattement et des voies plus larges que celles de la Peugeot 3008, qui assurent à la fois plus d’espace à l’assise et aux jambes. Bien que la DS 7 se glisse (4,57 m) entre les Peugeot 3008 et 5008, offre à ses occupants un agréable sentiment d’espace… certainement avec le toit panoramique (une option à 1.700 euros, ndlr) dont notre voiture d’essai était équipée.

Mécanique connue

Sur le plan mécanique, DS opte pour les blocs et boîtes PSA, avec le 1.5 BlueHDi de 130 ch, le 2.0 BlueHDi de 180 ch et le 1.6 THP essence turbo de 180 ou 225 ch. Nous nous tournions vers le diesel le plus discret qui, avec des valeurs CO2 de 104 g par km dispose du plus de chances sur le marché fleet. Le quatre cylindre semblait également particulièrement sobre dans la pratique. Au cours de notre semaine d’essai, l’ordinateur de bord n’affichait pas plus de 5,4 l/100 km.

Sur la route, la DS 7, se comportait également comme elle se profile : une version améliorée de la Peugeot 3008. L’ajout de l’essai multi-bras ne passe pas à côté de sa mission, la DS 7 Crossback balaye sous le tapis les inégalités de la route, comme se doit de le faire une vraie DS ! Nous n’avions toutefois pas l’impression de surfer sur un tapis volant (le 1.5 BlueHDi n’a pas droit à l’Active Scan Suspension), mais sur le plan du confort, la française ne se fait pas prier. Le fait qu’elle affronte la vie avec moins de raideurs que l’arrière-garde allemande signifie également que les mouvements de caisse débutent bien plus vite, même si nous n’avons jamais dû considérer ses bercements comme véritablement dérangeants.

Sur la route, la DS 7, se comporte également comme elle se profile : une version améliorée de la Peugeot 3008.

Conclusion

En la découvrant avec enchantement en début de semaine dernière, nous nous étions toutefois montré un peu présomptueux, même si au terme de la semaine, notre DS 7 Crossback se révélait compter parmi nos bonnes copines. La Française ne profite certainement pas de la réputation d’un Q5 ou d’une X3, même si son langage stylistique extérieur et intérieur, son savoir-faire technologique lui offrent des cartes susceptibles de lui faire remporter quelques plis. Nous nous interrogeons toutefois sur l’origine de ceux-ci : seront-ils confisqués à Audi et BMW, ou plutôt à Peugeot et Citroën…

Fiche technique Citroën DS 7 Crossback
Mécanique :
Architecture et cylindrée : Quatre cylindres en ligne, diesel 1.499 cm³
Puissance : 130 ch à 3.750 tr/min
Couple : 300 Nm de à 1.750 tr/min
Transmission :
Boîte de vitesse : Manuelle six vitesses
Roues Motrices : Traduction
Roues : 17″
Pneumatiques : 215/65
Châssis :
Train Av : McPherson
Train Ar : Multi-bras
Freins Av : Disques ventilés
Freins Ar : Disques
Performances :
0 – 100 km/h : 10,8 sec.
V-max: 195 km/h
Consommation et CO2:
Conso moyenne officielle : 4,0 l/100 km
Conso moyenne du test : 5,4 l/100 km
Emissions de CO2 :
104 g/km
Dimensions :
LxlxH : 4.570 / 2.096 / 1.611 mm
Empattement :
2.740 mm
Volume du coffre : 628 – 1.752 litres
Volume du réservoir : 620 litres
Poids : 1.420 kg
Tarif :
Entrée de gamme : 33.740 euros
Véhicule d’essai : 44.600 euros