Peu à peu, l’archaïque procédure destinée à vérifier l’aptitude à la conduite d’un candidat-conducteur se perfectionne en Wallonie. Il était grand temps… même s’il n’est pas certain que les mesures prises soient parfaitement en adéquation avec leur temps. Avant de vous détailler les changements en Région Bruxelloise, voici les évolutions de 2018 pour la Wallonie :

4. Permis théorique

Depuis le 1er janvier dernier, les fautes graves coûtent plus cher lors du traditionnel examen théorique. Le candidat doit terminer l’examen avec 41 points sur 50, en sachant qu’une faute grave (excès de vitesse, infraction des 3ème et 4ème degré), lui retire 5 points et qu’une seconde faute grave implique l’échec à l’examen.

Le candidat pourra tenter sa chance aussi souvent qu’il veut, mais devra suivre 12 heures de cours à chaque paire d’échecs !

3. La formation à la conduite

L’attestation de réussite de l’examen théorique est valable 36 mois. Deux filières demeurent parmi les options : la filière libre et la conduite sans guide.

Filière libre :

Dorénavant, le candidat conducteur et le(s) guide(s) devront suivre une séance pédagogique de 3 heures auprès d’une auto-école, obligatoire pour bénéficier du fameux permis provisoire ! Le candidat doit compter au minimum 1.500 kilomètres durant son stage.

De plus, le candidat-conducteur devra passer par un test de perception des risques (voir section examen pratique). S’il réussit celui-ci et s’il réussit un examen d’aptitude après 3 mois de stage avec guide, celui-ci pourra conduire seul !

Conduite sans guide :

Deux opportunités se présentent aux candidat conducteur : 20 heures d’auto-école suivies du stage en conduite non-accompagnée avant l’examen pratique ; 30 heures d’auto-école et accès immédiat à l’examen pratique.

Les candidats au stage de conduite non-accompagnée devront passer un test d’aptitude (60 €) avant de pouvoir bénéficier de leur permis provisoire en conduite non-accompagnée.

Quoi qu’il en soit, tous les candidats devront passer un test de perception des risques (15 €) entre la réussite de l’examen théorique et le passage de l’examen pratique (36€).

2. Examen pratique

Test de perception des risques :

Le candidat se trouve face à un ordinateur qui lui présente diverses situations de circulation dans laquelle il doit identifier les risques qui se présentent. Deux échecs impliquent 3 heures de cours en auto-école.

Certificat d’aptitude :

Réservé au candidats désirant conduire sans guide après 20 heures d’auto-école ou trois mois de stage, cet examen se présente comme un mini-examen pratique visant à déterminer si le candidat est capable de poursuivre son apprentissage sans guide.

L’examen pratique ne subit quant à lui pas de changements, sinon que le nombre de manœuvres imposées sera revu à la hausse.

1. Conclusion :

Dans l’attente de savoir exactement à quel sauce seront mangés les candidats, nous ne pouvons que montrer un avis mitigé à l’égard des mesures avancées. Nous saluons la volonté des autorités d’autonomiser le candidat-conducteur, la relative « démocrativité » des examens supplémentaires, le contrôle du sérieux du guide, tout en nous interrogeant sur la valeur de contrôle du rendez-vous pédagogique de la filière libre, sur la pertinence du test de perception des risques et de la rapidité d’accès au permis qu’offre le certificat d’aptitude.

Autres restrictions : comment peut-on considérer qu’un candidat-conducteur a suffisamment d’expérience pour être lancé seul sur la voie publique avec 1.500 km dans les roues ?! Voilà une restriction qui en plus d’être impossible à contrôle est complètement irresponsable !

Et enfin nous clôturerons en ajoutant, comme d’habitude, que rien est fait pour déterminer si le candidat-conducteur maîtrise son véhicule. Il est bien entendu bien plus important pour les autorités qu’il connaisse toutes les exceptions en matière de signalisation plutôt que de contrôler sa capacité à effectuer un freinage d’urgence, ou de le sensibiliser aux limites concrètes de son véhicule…!!!