Essai Ford Fiesta Active : un nouveau visage

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Un seuil de porte élevé, voilà qui semble, de nos jours, être le Graal de nos vieillissantes populations autophiles. C’est peut-être également la raison pour laquelle les constructeurs ne peuvent, aujourd’hui, plus se passer de SUV. Et cela explique également la tendance de ces hatchback qui, subitement, se veulent hautes sur pattes. Depuis peu, la Fiesta a elle aussi droit à une variante Active rehaussée. AutoBuzz vous propose de grimper à bord.

De quoi s’agit-il ?

Première d’une longue cordée de nouveaux SUV, car Ford entend coller prochainement le badge Active sur un certain nombre de modèles, la Ka+ et la nouvelle Focus en tête. La Ford Fiesta a l’honneur d’entamer la manœuvre, formant un alternative aux luxueuses Vignale et sportives ST-Line. Même dans le segment B, il faut aujourd’hui jouer de la personnalité que Ford a accordé à cette Fiesta ! Une optique dans laquelle nous considérons que la tactique de Ford est plutôt bien vue, au milieu d’une génération cacophoniques de SUV du segment B. Et ce, même si nous émettons quelques réserves à l’égard des stickers noirs (d’apparence bon marché) entourant la plaque arrière…

Fiesta Active

Contrairement à un certain nombre de ses concurrentes, la Fiesta Active est bien plus qu’une nouvelle fable d’une division marketing. Au-delà de l’indispensable kit carrosserie comprenant pare-chocs, jupes latérales, rails de toit et jantes de 17 pouces inédites, cette version crossover prend 1,8 centimètre d’altitude supplémentaire. Une assise plus élevée qui impliquerait logiquement un supplément de mouvements de caisse. Pour lutter contre cet écueil, les voies ont été élargies d’un centimètre, garantissant à la Fiesta de conserver l’excellence de jovial comportement. Dans la version de notre essai, avec le moteur 1.5 TDCI de 120 ch, combiné à la transmission manuelle, c’est avant tout le fonctionnement rugueux de la boîte six vitesses qui nous surprenait, là où celle de la Fiesta ST (oui, nous vous devons encore cet essai) était aussi incisive qu’une lame de couteau.

Même recette, autre présentation, donc ?

Pas tout à fait. Si l’intérieur et la palette mécanique semblent être restés intacts, l’Active marque d’autres accents lors de la conduite. On les doit principalement à la suspension avant révisée, caractérisée par de nouveaux amortisseurs hydrauliques accroissant le confort. Une solution comparable en de nombreux points avec les Progressive Hydraulic Cushions de Citroën, même si sa définition technique diverge quelque peu. Le résultat y est à nouveau : les successions d’irrégularités sont subtilement filtrées par les ressorts à butées hydrauliques, comme une articulation supplémentaire neutralisant les vibrations. Ajoutez-y encore les amortisseurs et ressorts redéfinis, l’assistance de direction révisée – plus onctueuse que celle de la hatchback, sans pour autant se montrer vague – et vous obtenez une Fiesta Active qui ne change pas fondamentalement d’une Fiesta conventionnelle, mais qui affronte le trafic avec un peu plus de confort et de maturité.

Un tour en hors-piste ?

Vous ne vous mettrez pas dans le pétrin dès que vous aborderez les premiers trous et graviers d’une chaussée non-revêtue, mais nous vous déconseillerons toutefois de vous lancer dans de véritables trajets aventuriers. Comme dans le cas des Renault Captur, Peugeot 2008, Seat Arona, Mazda CX-3 et toute une batterie de SUV urbains, la transmission intégrale demeure aux abonnés absents, même si Ford équipe son nouvel engin d’un « Slippery Mode » électronique, agissant sur l’ESP pour réduire le patinage sur les revêtements glissants. Pratique sur la neige et la glace. Nous doutons toutefois de la capacité de la Fiesta Active à se défaire de la spongieuse marre de boue d’un détrempé parking de Festival, par exemple…

Conclusion ?

L’adjuvant Active n’apporte bien sûr pas de révolution, mais diffère suffisamment des autres variantes pour faire sa place sous le petit soleil de la Fiesta. Son assise élevée, son comportement plus confortable et son design aventurier en font même une concurrente pour les « véritables » SUV tels que la Renault Captur et la Seat Arona. Ford en remet une légère couche avec un prix de départ de 18.900 euros et un équipement de base plutôt riche. Et même si Ford se borne à répéter qu’elle est faite pour les familles jeunes et actives, nous la voyons plutôt faire le bonheur d’une clientèle plus âgée. Les fables du marketing – tout de même ! – sont impénétrables…