Citroën berlingo

« We didn’t invent the family, but the car that goes with it. » C’est avec cette affirmation (et un inévitable accent français) que Citroën introduisait la troisième génération de sa Berlingo. Un renouvellement qui échange son poussiéreux passif de véhicule utilitaire contre un avenir plus espiègle et surtout plus familial. AutoBuzz.be la met à l’essai.

A la fin des années 90, alors que les camionnettes améliorées « à la Citroën Berlingo » devaient former l’alternative abordable aux populaires monovolumes de l’époque, elles faisaient face à un solide problème d’image. Après vingt ans d’évolution, elles ont acquis une popularité légitime auprès des familles et sont (selon notre avis parfaitement subjectif) bien plus pratiques que les SUV qui défraient aujourd’hui la chronique. Comment arrivons-nous à cette conclusion ? Très simple : en analysant en long en large et travers le pater familias parmi les ludospace, la Citroën Berlingo.

Citroën Berlingo

Façade familiale

Dès le premier contact, il est clair comme de l’eau de roche que la nouvelle Berlingo veut être part of the family ! En accord avec le reste de la gamme (pensez aux C3, C3 Aircross, C4 Cactus et à la future C5 Aircross), la Berlingo ne jure que par la nouvelle façade familiale de chez Citroën, avec pour éléments saillants les typiques doubles phares avant, les fines bandes à LED. Même les Airbumps qui ont tant fait couler d’encre sont au rendez-vous, dans une forme sérieusement édulcorée toutefois, comme pour la nouvelle C4 Cactus, d’ailleurs. A l’arrière, les différences avec celle qui l’a précédé sont moins évidentes… et ce pour une raison bien plus… évidente : la suspension arrière favorisant l’espace de charge et d’assise a été héritée en ligne directe de la version utilitaire. Désormais, Citroën opte pour la réputée plateforme EMP2 du groupe PSA (base de la majorité des véhicules de la marque), question de planquer l’effet camionnette loin au fond du coffre. Et il y a de quoi le perdre.

 

Citroën Berlingo

Deux poids, deux mesures

La nouveauté principale au cœur de ce trio de minibus (la Citroën Berlingo partage ses bases avec les Opel Combo Life et Peugeot Rifter, ndlr) est la déclinaison des variantes M et XL, plus longue de 35 cm, toutes deux disponibles en versions 5 et 7 places. Toutefois, il ne vous faudra pas vous délester des 1.200 euros supplémentaires pour transporter confortablement progéniture et bagages, car même la « petite » Berlingo accueille déjà 775 l de bagages. En comparaison, même une Skoda Superb Combi, le break familial le plus grand du marché, doit se contenter d’avancer 100 l de moins… En optant pour la variante XL, vous disposerez d’un volume de charge de 1.050 à 4.000 l (!) et d’une longueur de charge utile de 3,05 m, grâce au siège passager avant rabattable. Ou comment la Berlingo se refuse à rester camionnette mais en en conservant les atouts.

Citroën Berlingo
Avec les sièges escamotables vous diposez d’un plancher de coffre parfaitement plat, sur lequel vous pourrez charger près de 4.000 l de bagages dans la version XL. Attention au siège passager avant rabattable qui hisse la longueur de charge à 3,05 m.

Au moins aussi impressionnante, telle est la modularité à bord ! Le parebrise arrière à ouverture indépendante évite que vous ouvriez le grand et lourd hayon. On trouve là-derrière un jeu de sièges individuels, à positionner individuellement, qui se rabattent en un tournemain pour laisser place à un plancher plat. A l’avant, l’airbag passager a déménagé dans le compartiment de toit, ayant permis aux ingénieurs d’ajouter un espace de rangement (réfrigéré) dans le tableau de bord. Au total, elle avance maintenant 186 l d’espaces de rangements, grâce auquel vous pouvez abandonner vous avoirs à gauche et à droite : dans le plancher, sous les sièges, par-dessus le lustre Modutop éclairant tout l’habitacle… et nous pourrions poursuivre l’énumération. Une console centrale coulissante, dotée des indispensables ports USB est également présente… même si celle-ci est payante.

Citroën Berlingo
L’intérieur a de l’allure et la finition est au point. Dommage que les Français aient placé la console centrale parmi les options…

Adulte

Si les Français rebutent tout lien avec la version utilitaire de l’engin, Peugeot ayant même dénommé la version civile du Partner « Rifter », Citroën trouvait le nom Berlingo trop fort pour le laisser de côté. Voilà qui ne change pas grand-chose. Nous retiendrons par contre, en matière de comportement, qu’elle se rapproche bien plus du monovolume classique : peu sportif (la Berlingo reste une haute brique à roulettes) mais confortable, même lorsque l’état de la chaussée se dégrade. L’isolation sonore fortement améliorée séduit également, même si nous devons détailler que notre diesel 1.5 BlueHDi, comptant parmi les plus discrets du marché, était combiné à une boîte automatique Aisin. Quant au 1.2 PureTech essence de 110 ch que nous avons brièvement pu essayer, ses ronflements typiques des trois cylindres pénètrent plus profondément dans l’habitacle, sans jamais devenir dérangeant. Un petit trois cylindres qui a de l’allant, même si nous conseillerions le coupleux moteur diesel pour un usage familial intensif… a moins que vous ne puissiez attendre 2019 et l’arrivée d’une version 130 ch du trois pattes.

Citroën Berlingo

En matière d’équipements, en partant du prix de 17.400 euros de la définition standard, vous ne serez pas volé. Elle comprend en effet le freinage automatique d’urgence, la détection de fatigue et le cruise control. En grimpant au travers des finitions Live-, Feel- ou XTR, vous découvrirez un maximum de 19 assistants à la conduite différents, un head-up display ou le système d’info-divertissement avec écran tactile de 8 pouces et la fonction Mirrorscreen, ce qui emmène toutefois la facture finale au-delà de la frontière tant redoutée des 25.000 euros. Essayez donc de trouver un SUV familial correctement paré à ce prix…

Conclusion

Beaucoup de voiture pour peu d’argent, donc ! D’autant plus aujourd’hui, eu égard aux progrès réalisés en matière de design, de finition intérieure, de compétences technologiques… D’accord, la résolution de la caméra de recul pourrait être meilleure, et en matière de comportement la Volkswagen Tiguan Allspace évolue dans d’autres sphères. Mais composez le puzzle des aspects financiers et pratiques et vous vous rendrez compte qu’il n’y a sur le marché que trop peu d’alternatives comparables (hors Opel Combo Life et Peugeot Rifter, bien sûr).