Jusqu’il y a peu, chez Opel, les engins les plus pimentés portaient les trois lettres OPC. Un petit badge qui voulait dire beaucoup… mais qui a aujourd’hui disparu du catalogue. Opel ne se refuse pas à satisfaire l’appétit des plus sportifs, mais la marque au blitz a décidé de faire chanter ses rockeuses un ton en-dessous, sur le ton du GSi. Nous vous en avons déjà parlé eu égard à l’Insignia, en vous rappelant que ces trois lettres avaient marqué une génération d’amateurs de sportives.

Entre héritage et stratégie

Le volant sport fait partie, avec le pédalier alu, le flocage des tapis de sol et les confortables baquets optionnels des touches sportives de l’habitacle.

La première Opel Corsa sportive voyait le jour en 1987, portant déjà le nom de GSi et poursuivait sa carrière jusqu’en 2012, date à laquelle la bouillonnante allemande passait sous pavillon OPC, devenant par la même occasion une machine à claquer des temps, parfois débordée par ses bonnes intentions. En cette fin d’été, alors qu’on nous promet l’arrivée de la nouvelle Corsa, sixième du nom, en 2019 et que l’union avec le groupe PSA, docteur ès bombinettes, fait encore hésiter les quatre marques du groupe (Peugeot, Citroën, DS et Opel), la Corsa GSi baisse d’un ton, récupère la mécanique de l’Adam S et abandonne le cap symbolique des 200 ch pour un plus rationnel bloc 1.4 turbo essence de 150 ch et 220 Nm de couple. Déçus ? Il n’y pas de quoi l’être…

Ce terrain de jeu exceptionnel révélait les qualités du châssis de la petite Opel, même si nous n’étions pas autant gâtés par la météo que lors de la séance photo officielle…

Le cas Volker

Chez Opel, la tête de la division sportive et compétition est tenue par un certain Volker Strycek. Un vieux de la vieille qui traîne ses sparcos et ses fonds de combis de pilote dans tous les baquets qu’Opel daigne accorder à ses bolides, avec un sérieux penchant pour les 176 virages de la Nordschleife… que cette nouvelle Corsa GSi a limé sans rechigner.

Et nos amis allemand ont bossé dur, sur le châssis en particulier, avec une hauteur de caisse réduite de 10 mm, un train arrière spécifique et des silent blocs arrière ad hoc. Strycek et son team ont fait des pieds et des mains pour mettre au point les amortisseurs Koni à « Frequency Selective Damping », qui adaptent automatiquement leur force d’amortissement aux aspérités de la route et à la fréquence à laquelle elle se répètent. Les étriers rouges qui se cachent dans les jantes de 17 ou 18 pouces (option) ne font pas de figuration et pincent des disques ventilés de 308 mm de diamètre.

Crête de plaisir

En nous glissant au creux de son joli baquet Recaro (option) à l’aéroport de Mulhouse, nous craignons de découvrir une nouvelle régurgitation marketing, insipide et blasphématoire à l’encontre du fameux GSi. Nous attaquons rapidement la route des crêtes, entre Vosges et Alsace, entre prairies et forêts, entre vaches et cyclistes. Une chaussée bien revêtue mais un vilain crachin et un brouillard épais comme la tourte qui nous sera servie au sommet nous sert de base d’essai. Nous y découvrons une Corsa GSi docile, bougrement efficace, toujours prévenante, rapide et sobre dans ses réactions. Sur les asphaltes détrempés qui détalent sous nos roues la GSi joue de neutralité, bien aidée par ses merveilleux Michelin Pilot Sport 4, garde son train arrière sous contrôle, même lors des manœuvres les plus cavalières. Plus surprenant encore, alors que l’avant d’une OPC avait tendance à se laisser déborder par les assauts du pilote et de la mécanique, la GSi mord les cordes et restreint avec justesse et efficacité le patinage à l’accélération.

Du beau boulot, confirmé sur le sec, de l’autre côté du col, avec un châssis qui se tient sur les revêtements bosselés et un freinage consistant et endurant. Où es l’os ? Pas très loin. Ce châssis mature et efficace cloisonne un peu un bloc 1.4 turbo un peu mollasson à très bas régime, se réveillant à 3.000 t/min et se retroussant véritablement les manches de 4.000 à 5.500 t/min. Plutôt sobre dans son développement sonore, il nous laissait un petit goût de trop peu, celui d’un athlète qui peut mieux prester mais en garde toujours un peu trop sous la pédale…

Machine à distiller du plaisir pour les amateurs de pilotage, cette Opel Corsa demeure parfaitement accessible au commun des mortels… et à madame !

Conclusion

Cette Corsa GSi fait partie des warm hatches que la rédaction d’AutoBuzz.be apprécie particulièrement, à l’instar d’une Fiesta 1.0 ST Line de 140 ch ou d’une Suzuki Swift Sport : une puissance raisonnable et immatriculable, un comportement orienté plaisir et une grande facilité d’utilisation au quotidien. Celle-ci sort du lot par l’efficacité de son comportement et sa facilité de prise en main pour le commun des mortels. Et à 21.355 € en entrée de gamme, il y a même une chance qu’elle plaise à madame…

Fiche technique Opel Corsa GSi
Mécanique :
Architecture et cylindrée : Quatre cylindres en ligne essence 1.364 cm³
Puissance : 150 ch à 4.000 tr/min
Couple : 220 Nm de 3.000 à 4.500 tr/min
Transmission :
Boîte de vitesse : Manuelle six vitesses
Roues Motrices : traction
Roues : 18″
Pneumatiques : 215/40
Châssis :
Train Av : McPherson
Train Ar : Essieu de torsion
Freins Av : Disques ventilés
Freins Ar : Disques
Performances :
0 – 100 km/h : 8,9 sec.
V-max: 207 km/h
Consommation et CO2:
Conso moyenne officielle : 6,0 l/100 km
Conso moyenne du test : /
Emissions de CO2 :
138 g/km
Dimensions :
LxlxH : 4.201 / 1.736 / 1.479 mm
Empattement :
2.510 mm
Volume du coffre : 472 litres
Volume du réservoir : 45 litres
Poids : 1.214 kg
Tarif :
Entrée de gamme : 21.355 euros
Véhicule d’essai : N.C.