Après l’inatteignable Tucson, la compacte i20 est la voiture la plus vendue au sein des rangs de Hyundai en Belgique. Un facelift bienvenu doit faire en sorte que le Poulidor coréen conserve le vorace SUV Kona dans ses échappements, et surtout continue à amputer le potentiel commercial de ses rivales directes. Car Hyundai a de l’appétit.

Nous ne connaissons que peu de segments où la concurrence est aussi acharnée (et les marges aussi ténues) que celui des citadines. Des marges de manœuvres financières qui poussent les outsiders – les Volkswagen Polo, Renault Clio et Ford Fiesta demeurant les voitures à abattre – dans les cordes, et seul un Phoenix tel l’immensément populaire Peugeot 206 est parvenue à bouleverser l’ordre établi au cours de la dernière décennie.

Si Hyundai veut s’offrir le scalp de Toyota, plus grand constructeur automobile du monde, la i20 doit avoir sorti les grands moyens ?

Vous auriez déjà pu le deviner à la vue de nos photos : le facelift de l’i20 ne fait pas véritablement dans la rupture. La citadine coréenne adopte la calandre Cascading de sa grande sœur i30, reçoit de nouveaux blocs optiques arrière et est désormais disponible en coloris bitons, comme le veut la tendance. Comme le veut la tendance, les moteurs diesel disparaissent du catalogue… qui ne se composer plus que du bloc 1.2 essence de 75 ou 82 ch et du bien connu 1.0 T-GDi à trois cylindres de 100 ou 120 ch. Aux côtés de l’introduction du start/stop (de série), cette i20 1.0 T-GDi pourra désormais être équipée en option de la boîte automatique à sept rapports 7-DCT dotée du double embrayage, celle que nous avons brièvement prise en mains.

Vertel.

Nous avons pris la route avec la version 100 ch, celle dont Hyundai devrait faire le gros de ses bons de commande. Son audacieux trois cylindres déplace les 1.110 kg de l’i20 avec une certaine célérité, aidé en cela par les rapides changements de rapports de la nouvelle boîte auto 7-DCT. Contenir la consommation demeure sa préoccupation principale, même si les 4,8 l (111 g CO2/km) semblent plutôt utopiques. Comptez plutôt sur 6 litres dans la pratique, un résultat plutôt irréprochable.

Irréprochable est par ailleurs l’un des qualificatifs qui résume le mieux cette nouvelle i20, car la Polo coréenne ne déçoit que très peu. La i20 compte sur un comportement mature, et dispose (dans notre version 1.0 T-GDi du moins) de la puissance suffisante pour s’extraire des murs de la ville.

La Fiesta doit-elle paniquer ?

Ne vous faites pas d’illusions : la Fiesta demeure la meilleure voiture pour les amateurs de conduite. La direction corrigée de la i20 maintient son étrange sensation de distance par rapport aux roues avant, de même que l’intérieur joue d’austérité. L’arsenal de sécurité SmartSense (comprenant Forward Collision Avoidance Assist, Lane Departure Warning System, Driver Attention Warning et High Beam Assist), le système d’info-divertissement avec écran tactile de 7 pouces et les nouvelles possibilités de connexion (avec, entre autres, Apple CarPlay et Android Auto) embarquées lui assurent des équipements que l’on ne voit encore que rarement dans le segment…

Et tout cela se paie, bien entendu

Marre de changer de rapports toutes les 10 secondes en ville. La boîte auto 7DCT est faite pour vous.

En comparant la nouvelle i20 avec l’ancienne génération, également équipée, nous découvrons une différence de 300 euros, grosso modo. Peanuts donc, lors que l’on envisage la technologie reçue en échange. La nouvelle i20 est disponible dès 15.099 euros (avec le bloc 1.2 de 75 ch en finition de base Air), même si nous vous conseillerions de vous tourner vers la version 1,0 l T-GDi en configuration Twist. Dans ce cas, vous ajoutez à peine 1.000 euros et l’airco manuel, la radio MP3 avec connecteur usb, les vitres électriques à l’avant, l’assistant au maintien de voie, les antibrouillards avant, le cruise control et les capteurs de parking. La boîte auto a également sa place, en particulier si vos parcours sont particulièrement urbains. Celle-ci vous délestera tout de même de 1.800 euros.

Un choix sûr, donc ?

En effet ! La i20 s’affiche comme un véhicule du segment B politiquement correct, abordable, dont les coûts à l’usage et les 5 ans de garantie (sans limite de kilométrage) doivent assurer à son acheteur une certaine quiétude financière. Sur la route, la Hyundai oublie encore d’enthousiasmer son usager, même si nos oreilles ont capté quelques messes basses des Coréens évoquant une version N un peu pimentée…

Fiche technique Hyundai i20 1.0 T-GDi 7-DCT
Mécanique :
Architecture et cylindrée : Trois cylindres en ligne essence turbo 998 cm³
Puissance : 100 ch à 4.500 tr/min
Couple : 172 Nm de 1.500 à 4.000 tr/min
Transmission :
Boîte de vitesse : Auto à 7 rapports
Roues Motrices : Traction avant
Roues : 15″
Pneumatiques : 185/65
Châssis :
Train Av : McPherson
Train Ar : Essieu de torsion
Freins Av : Disques ventilés
Freins Ar : Disques
Performances :
0 – 100 km/h : 11,4 sec.
V-max: 182 km/h
Consommation et CO2:
Conso moyenne officielle : 4,8 l/100 km
Conso moyenne du test : 6,1 l/100 km
Emissions de CO2 :
111 g/km
Dimensions :
LxlxH : 4.035 / 1.734 / 1.474 mm
Empattement :
2.570 mm
Volume du coffre : 326 litres
Volume du réservoir : 50 litres
Poids : 1.110 kg
Tarif :
Entrée de gamme : 15.099 (1.2i 75 ch Air) euros
Véhicule d’essai : N.C.