Le prix du diesel explose : tout savoir en trois points

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L’information ne vous aura pas échappé, le prix du mazout a à nouveau atteint des sommets cette semaine. Voici pourquoi… et comment économiser 350 euros sur votre consommation annuelle.

1,634 euro ! C’est le prix atteint par le litre de diesel dans un certain nombre des stations du pays. C’est aussi le prix maximal autorisé dans notre pays par le législateur. Pourquoi cette augmentation ? Quels sont les conséquences ? Que peut faire le consommateur pour éviter de cracher au bassinet ?

1. Les causes

L’origine de cette hausse du prix du diesel vient bien entendu de la hausse du prix du baril de pétrole. Son cours fluctuant a augmenté de 9 $ en un mois, pour atteindre 84 $ cette semaine. A ceci s’ajoute un dollar fort face à un euro un peu plus faible que par le passé. Par conséquent, le prix du baril nous est moins favorable.

Mais l’élément le plus défavorable au diesel vient de notre propre pays et des fameuses accises. Si en 2012, au moment où le prix du baril était à son comble (115 $), les accises ne s’élevaient qu’à 0,4277 €, alors qu’elles sont aujourd’hui à 0,6002 €. Vous comptez donc juste : près de 30 % du prix de votre mazout ne pars pas en NOx, mais s’envole dans les caisse de l’Etat, en plus de la TVA, bien sûr. Pourquoi, parce que le TaxShift mis en place pour égaliser la taxation entre essence et diesel a fait son œuvre. Les 15 cliquets positifs prévus à partir de 2015 ont été réalisés, avec les conséquences à la pompe qu’iles impliquent.

Malheureusement, les choses risquent de ne pas s’améliorer. En effet, la production de pétrole au Venezuela est à la baisse et les menaces de sanctions politiques à l’égard de l’Iran pourraient avoir de fâcheuses conséquences sur le cours de l’or noir.

2. Les conséquences

Outre le prix du litre de mazout, cette cascade de facteurs a un impact négatif sur le diesel… dont il n’avait pas vraiment besoin. Décrié, souvent abusivement par les médias non spécialisés, il voit aujourd’hui son seuil de rentabilité reculer. Ainsi, selon un calcul de l’association de mobilité VAB, il faudrait aujourd’hui parcourir plus de 210.000 kilomètres avec le même véhicule diesel pour que sa rentabilité dépasse celle d’un véhicule essence. Un calcul qui ne prend pas en compte les taxes de circulation et de mise en circulation, ainsi que les coûts d’entretien plus élevés des mécaniques diesel.

Selon le calcul de VAB, un véhicule circulant au diesel coûterait aujourd’hui 8,99 euros de carburant par 100 km (conso moyenne de 5,5 l/100 km), alors qu’un véhicule essence (conso moyenne de 6,4 l/100 km) ne brûlerait « que » 9,94 euros sur la même distance. Une différence de 0,95 cents en 2018, contre 2,22 euros en 2016 !

L’étude de VAB, portant sur 2.000 conducteurs flamands, rapporte que l’automobiliste moyen roulant au diesel dépenserait 448 euros de plus par an qu’en 2016. Alors que pour le conducteur de véhicule essence, cette majoration ne dépasserait pas 171 euros.

3. Faire baisser la facture

Malheureusement, nous n’avons pas encore trouver la solution pour transformer l’eau en mazout. Les solutions qui existent donc pour réduire sa facture déplacement sont donc assez limitées et débutent, en toute logique, par la réduction du nombre de kilomètre parcouru. Pour ne pas consommer, il ne faut pas rouler ! Privilégiez donc le covoiturage, les déplacements à pied ou en vélo. On vous rappelle que celui-ci peut être déduit et qu’une prime kilométrique peut être payée par l’employeur.

On vous conseillera encore de bien choisir l’endroit où vous faites le plein. Une station seule, en rase-campagne, avancera des tarifs moins dissuasif qu’une station en bord d’autoroute avec gonfleur, eau, shop et restaurant. Pour savoir où le carburant est le moins cher dans votre région, faites un tour sur le site carbu.com.

Et si vraiment vous devez rouler, adoptez les règles d’éco-conduite habituelles : anticipez, réduisez votre vitesse, sollicitez votre moteur au minimum, exploitez la topographie, utilisez un minimum des périphériques de votre véhicule, contrôlez la pression des pneus… Selon l’autre association de conducteurs, Touring, l’éco-conduite devrait permettre de réduire la consommation de 1,5 l/100 km et de réduire le poste carburant du bilan comptable annuel de 350 €, pour un automobiliste qui ne parcourt que 15.000 km/an.