Défi Auto Trends : à la chasse aux consommations WLTP

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On vous en rabâche les oreilles depuis des mois. Le WLTP, le nouveau cycle de mesure de la consommation est enfin là… et nous avons décidé de le mettre à l’épreuve.

Échaudés par les multiples assauts médiatiques du WLTP, nos collègues du Magazine Auto-trends ont eu l’idée d’organiser une journée d’essai, adressée aux marques automobiles, afin de déterminer le vrai du faux de la consommation de leurs véhicules. A quel point les normes sont-elles fiables ? Le WLTP a-t-il véritablement porté ses fruits. Était-il vraiment utile de modifier ces normes ?

Défi Auto-Trends : à quoi on joue ?

Les conditions de cette journée d’essai étaient assez simples  : un parcours de 266 km scindé en deux parties (128 et 138 km), à une vitesse moyenne imposée de respectivement à 58 km/h et 62 km/h, 30% d’autoroute, 35% de routes secondaires, 35% de route nationales. Le plein était réalisé au départ et à l’arrivée. Entre les deux, l’objectif était de consommer le moins possible, le classement final étant réalisé sur base de la différence entre la consommation officielle annoncée par le constructeur et la consommation réelle mesurée à la pompe.

Douze voitures étaient au départ et nous portions les couleurs de Peugeot, profitant de l’occasion pour mettre à l’essai la nouvelle 508 et sa motorisation Pure Tech 1.6 Turbo essence de 180 chevaux.

Paradoxe de ce type d’exercice : le style de conduite adopté pousse à son paroxysme les préceptes de l’éco-conduite. En les résumant en quelques mots : on accélère au minimum, on réduit la vitesse de croisière, on profite de l’inertie du véhicule dans les descentes, on colle les camions sur autoroute pour profiter de l’aspiration aérodynamique, on ralentit au minimum avant les virages et surtout, on anticipe : les courbes, les changements directions et le flux du trafic. Le tout pour un maximum de vitesse combiné à un minimum de sollicitations moteur. Voilà pour la partie conduite. Pour la partie technique, on contrôle la pression des pneus (maximum homologué) et on exclut toute utilisation d’accessoires de confort. En résumé, on roule à 2 km/h en côte, à fond en descente, sans clim et sans radio, en collant les camions sur les voies rapides, en plongeant dans les virages comme en WRC. Un style de conduite anti-naturel, mais des astuces qui font plonger la consommation.

Remarquable à plus d’un titre, notre Peugeot 508 était quelque peu pénalisée par sa boîte automatique.

 

Les résultats :

Ainsi, notre Peugeot, dont la consommation WLTP était annoncée par le constructeur français à 7,4 l/100 km tombait à 4,8 l/100 km à l’ordinateur de bord. Vérifiée à la pompe, la consommation réalisée en ce jour de septembre sera en réalité de 5,5 litres, soit 1,9 litres de moins que la norme WLTP. Un résultat que nous aurions pu améliorer encore si notre lionne n’avait pas été équipée d’une boîte automatique refusant, comme toutes les boîtes auto du marché, de fonctionner à très bas régimes. On notera toutefois que ceci nous place en quatrième position du classement général, troisième parmi les véhicules à essence. La victoire revient à la Ford Mustang GT et son gros V8 de 5 litres qui, adroitement conduite a fait chuter sa consommation WLTP de 12 l/100 km à 7,85 L/100 km lors de cette journée. On notera également que l’ensemble des véhicules ont enregistré une consommation plus faible que la norme communiquée par le constructeur.

Cela parait paradoxal, mais c’est la voiture la plus puissante et la plus gourmande sur le papier qui a réalisé le meilleur résultat lors de cet exercice particulier. Par quel miracle ? Celui qui se trouve entre le volant et le siège conducteur.

Quelles conclusions devons-nous en tirer ?

  1. Les normes NEDC étaient peu réalistes. En effet, les quelques véhicules ayant participé à l’exercice disposant encore de normes NEDC, flirtent avec ces anciennes normes, en dépit d’une conduite totalement antinaturelle, poussée à l’extrême sobriété.
  2. Compte tenu des écarts de consommations mesurés avec la norme WLTP, celle-ci parait nettement plus crédible, plus réalisable par le commun des mortels. Lors de nos trajets aller-retour de l’évènement, en conduite « normale », nous parvenions d’ailleurs sans peine à passer au-dessous des 7,4 litres annoncés.
  3. L’ensemble des résultats, ainsi que la performance réalisée par la Mustang, confirment une chose : c’est bel et bien le style de conduite qui détermine le niveau de consommation d’un véhicule ! Que ceux qui se plaindront donc de l’impossibilité d’atteindre les normes WLTP fassent donc un petit stage auprès d’une école spécialisée en éco-driving. Comme vous pouvez le constater de nos résultats, non seulement il est possible de s’en tenir à la consommation officielle, mais en plus il est possible de passer en-dessous, parfois jusqu’à 30 % en adoptant les bonnes techniques de conduite.
  4. Il ne faut pas faire confiance aux ordinateurs de bord. En nous intéressant au résultats enregistrés par nos concurrents du jour, nous notions tous une différence allant parfois jusqu’à 20 %.
  5. A la liste des résultats ci-dessous vous comprendrez que les constructeurs ont systématiquement mis en avant leurs véhicules a priori les plus défavorables, de sorte de générer le plus grand ratio possible entre les consommations mesurée et réelle. Par conséquent, en extrapolant ces résultats, l’exercice devrait démontrer la futilité d’une grande part de véhicules plug-in et hybrides, lorsque leur profil d’utilisation (kilométrage, type de parcours) sort du cadre de leur autonomie limitée.

Classement conso :

  WLTP Mesurée Ratio
1. Ford Mustang GT 12,0 l 7,85l 0,6547
2. Citroën Berlingo 1.5 Blue HDI 100 ch 6,0 l 4,11l 0,6853
3. Mazda MX5 2.0 Roadster 6,9 l 4,87 l 0,7067
4. Peugeot 508 Pure Tech 7,4 l 5,50 l 0,7438
5. Ford Fiesta ST 1,5 l turbo 7,0 l 5,40 l 0,7724
6. Audi 50 TDI 3.0 286 ch 7,2 l 5,89l 0,8187
7. Mazda 6 2.0 Sedan 6,9 l 5,72 l 0,8547
8. Suzuki Swift Sport 1.4 l turbo 5,6 l 4,84 l 0,8643
9. Suzuki Swift Sport 1,4 l turbo 5,6 l 4,84 l 0,9028
       
  NEDC Mesurée Ratio
1. VW T-ROC 2.0 TDI 5,1 l 4,80 l 0,9419
2. Skoda Karoq 2.0 TDI 5,2 l 4,90 l 0,9429