Waze : aux limites de l’admissible ?

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Tias Guns, Data Science professor à la VUB et membre du groupe d’enquête sur la mobilité MOBI, a s’est attaqué aux usagers de la populaire application Waze sur Radio 1. “Non-étique”, selon Guns, dont l’enquête a montré que l’app dérange et provoque du trafic sur les routes secondaires.

Personne ne conteste le fait que Google avec son application Waze est parvenue à mettre au point un fantastique outil d’intelligence artificielle. L’app, destinée à court-circuiter les files, fait usage de real-time data de la communauté Waze pour calculer le parcours le plus rapide entre A et B. Pour cela, elle ne prend pas seulement en compte la vitesse moyenne des conducteurs, mais via l’intelligence artificielle, peut également prévoir où vont se déplacer les nœuds de circulation. Waze ‘lit’ donc dans le trafic comme un voyante dans sa boule, pour permettre à ses utilisateurs de perdre le moins de temps possible sur le trajet les menant à destination. Une technologie fantastique, c’est certain. Mais tout le monde n’est pas du même avis.

Asociale ?

Contrairement aux softwares traditionnels des gps, qui disposent d’algorithmes garantissant la quiétude dans les quartiers résidentiels, Waze pose le choix résolu du trajet le plus court de A à B. Et c’est là que le bât blesse. Le professeur Tias Guns, qui s’est penché sur le sujet, considère que le système de routage du software de Waze est trop orienté sur l’utilisation la plus efficace du réseau routier existant, ne tenant donc nullement compte de la quiétude des riverains. Dans la vidéo ci-dessous, Guns porte atteinte à la puissance de Waze, et met en évidence son caractère asocial, provoquant une hausse du trafic sur le réseau secondaire.

Selon le chercheur, le problème vient en réalité des paramètres introduits lors de la mise au point de ce dispositif d’intelligence artificielle. En effet, selon Guns, Waze ne ferait pas de distinction entre la capacité d’une autoroute et de l’axe principal d’un village, avec pour conséquence un trafic en hausse et des communes qui prennent des mesures interdisant la circulation sur certains axes en heures de pointe, multipliant les ralentisseurs,…

Aucun doute, Guns enfonce une porte ouverte, mais pose de bonnes questions quant au fonctionnement de ces applications de circulation, voire de l’intelligence artificielle en général. Prochain sujet d’étude : la réduction du trafic ou du nombre de kilomètres d’embouteillages ? C’est juste une suggestion !