Test Mazda6 Wagon 2.2 SkyActiv-D : perdu d’avance face aux Teutons

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Lorsque l’on ne dispose pas des bons papiers (lisez : allemands) , il faut beaucoup de courage, de témérité et un peu de naïveté pour aller réclamer une place au milieu des berlines. Envisageons un peu la nouvelle Mazda6 Wagon, afin de voir si elle parvient à intégrer cette sorte de ‘inner circle’ allemand.

Les underdogs, nous, Belges, savons les apprécier. Pourtant, dans le segment des berlines de gabarit moyen, il est impossible de passer à côté de l’écrasante dominance des Allemands, une réalité que l’on « doit » également à l’affection que porte le monde du leasing à la valeur sûre des logos premium. Lorsque le particulier (et surtout son porte-monnaie) a droit au crachoir, le récit se fait alors bien différent, avec des outsiders comme la jolie Peugeot 508, la rationelle Skoda Octavia et naturellement cette Mazda6 en guise d’alternatives principales. Le modèle date déjà de 2012. Par chance, la philosophie Kaizen japonaise lui a assuré une évolution permanente. Ce dernier facelift devrait apporter à la Mazda6 de nouvelles inclinations en matière de finition intérieure, de confort de conduite et d’assise, un ensemble que nous ne mettons que très volontiers à l’essai.

Pour l’occasion, nous avons confisqué les clefs d’une Mazda6 Wagon avec son moteur diesel 2.2 SkyActiv-D, un bloc au mazout de 150 ch (également disponible avec 184 ch) qui depuis l’inévitable update WLTP devrait apparaître bien plus sobre. Durant notre séance d’essai, nous enregistrions une consommation moyenne de 5,4 l/100 km, et ne devions pas pour la cause rester à l’écart de la pédale d’accélérateur. L’étagement de la boîte manuelle, l’élasticité et le silence de fonctionnement du quatre cylindres 2.2 méritent à notre avis d’être salués. L’un dans l’autre, cette motorisation bénéficie de notre préférence face aux ternes moteurs 2 litres essence (atmosferiques), dont le manque de couple pose une hypothèque sur les qualités routières intrinsèques du break familial japonais.

Retour à domicile

Tout comme de nombreux constructeurs, Mazda a pris en main l’obligatoire mise à jour WLTP pour rafraîchir en profondeur une grande partie de sa gamme. cette Mazda6 faisait partie des chanceuses, recevant entre autres un cockpit entièrement revu, se rapprochant en matière de look & feel des cocons de la CX-5 et de la future Mazda3. La tonalité est – selon la tradition japonaise – plutôt réservée, mais le développement minimaliste et horizontal contribuent à une atmosphère sereine au sein de laquelle la majorité des conducteurs – en ce compris les gâtés adeptes du premium – se sentiront comme chez eux. La grande différence avec son prédécesseur doit être recherchée du côté de la qualité, où de meilleurs sièges avec des remplissages plus conséquents et un niveau de finition considérablement plus élevé portent clairement leurs fruits.

Sur le plan technologique aussi, la Mazda6 enregistre des progrès : le head-up display escamotable a été remplacé par une projection plus élégante sur le pare-brise avant, et le système d’info-divertissement peut dorénavant interragir avec Apple CarPlay et Android Auto. Dommage que la convivialité de l’interface – vive la molettes ! – contraste avec le look du système de navigation et la qualité modérée de la caméra de recul.

Considérez cela comme du pinaillage, car tout bien considéré, cette Mazda6 Wagon en donne toujours beaucoup pour son argent. Pour un peu plus de 30.000 euros, les Japonais vosu proposent déjà un break correctement habillé, avec des capteurs de parking avant et arrière, des rétros électriques et chauffants, le cruise control adaptatif, le contrôle des angles morts, la navigation avec head-up display et la clim automatique. En bref : un package pour lequel la majorité des constructeurs se permettent de facturer 5.000 à 6.000 euros de plus…

Conclusion

Le fait que la Mazda6 Wagon apparaisse à peine au radar des conducteurs de voitures de société belges en dit bien plus du mindset du secteur du leasing que sur les qualités intrinsèques de la « 6 ». La différence entre les Trois Allemands et leurs challengers ne se matérialisent qu’après la virgule, la Mazda faisant jeu égal avec du matériel bien plus cher de Stuttgart ou Munich en matière de confort de conduite et de facilité d’utilisation. Voilà qui nous amenait à nous interroger, au terme d’une semaine de test, sur qui est véritablement coupable de naïveté : Mazda, qui malgré des budgets (bien) plus réduits se lancent dans une bataille perdue d’avance contre l’Allemagne… ou est-ce la clientèle qui rejette l’alternative japonaise avant d’y avoir goûté ?

Fiche technique Mazda6 Wagon SkyActiv-D 2.2 150 pk
Mécanique :  
Architecture et cylindrée : Quatre cylindres en ligne turbo diesel 2.191 cm³
Puissance : 150 ch à 4.500 tr/min
Couple : 380 Nm de 1.800 à 2.600 tr/min
Transmission :  
Boîte de vitesse : Manuelle six vitesses
Roues Motrices : Traction
Roues : 17″
Pneumatiques : 225/55
Châssis :  
Train Av : McPherson
Train Ar : Multilink
Freins Av : Disques ventilés
Freins Ar : Disques
Performances :  
0 – 100 km/h : 10 sec.
V-max: 211 km/h
Consommation et CO2:  
Conso moyenne officielle : 4,5 l/100 km
Conso moyenne du test : 5,4 l/100 km
Emissions de CO2 :
119 g/km
Dimensions :  
LxlxH : 4.870 / 1.840 / 1.450 mm
Empattement :
2.830 mm
Volume du coffre : 522 – 1.664 litres
Volume du réservoir : N.C.
Poids : 1.534 kg
Tarif :  
Entrée de gamme : 30.590 euros
Véhicule d’essai : N.C.