Essai Ford Edge 2.0 EcoBlue ST-Line : deuxième chance

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Il y a trois ans, Ford emmenait avec tambours et trompettes l’américaine Edge vers nos contrées. Pourtant le processus d’intégration apparaissait plutôt complexe. Cette version faceliftée, avec le puissant bloc 2 l biturbo diesel et une boîte automatique à huit rapports, est-elle capable de redresser la barre ? AutoBuzz a fait le test.

En somme, les ventes de SUV Ford en Europe sont plutôt au beau fixe. L’an dernier, avec respectivement 153.000 et 115.000 exemplaires vendus, les Kuga et Ecosport s’en sont plutôt bien sortis, seul le compteur du Edge restait au ralenti avec seulement… 9.500 unités. Et le problème n’est ni esthétique (le SUV partage tous les codes du genres), ni mécanique (il ne se contente pas de moteurs essence telles les gourmandes Infiniti FX35 et Toyota FJ Cruisers qui ont fait le même déplacement). Non, son défaut principal était à trouver du côté finances, où le Edge peinait à justifier les 45.000 euros requis par la version de base. Nous étions donc encore plus curieux de savoir si le Edge ST-Line avec son 2.0 EcoBlue diesel de 238 chevaux et sa boîte auto à huit rapports nous amènerait à changer d’avis face au 10.000 euros qu’il requiert en supllément.

55.000 euros ? De quoi acheter une Mustang et demi !

Vous aurez donc d’emblée compris que cet Edge a plutôt pour prétention de frayer au milieu des plus grands SUV d’Ingolstadt et de Munich, plutôt qu’avec ceux de Sochaux ou Hiroshima. En plus de la luxueuse version Vignale, son récent facelift a apporté une plus sportive déclinaison ST-Line, celle avec laquelle nous avions un rencart. En plus de parechocs plus agressifs et d’une suspension sport surbaissée, elle a surtout droit au nouveau bloc 2.0 l EcoBlue de la Ranger Raptor, un bloc diesel biturbo qui lance 238 chevaux et 500 Nm dans la bataille pour emmener promptement le SUV de 2 tonnes et de 5 mètres de long. Pour contenir la consommation, Ford ajoute une transmission Intelligent All-Wheel Drive qui, sous certaines conditions, peut désaccoupler l’essieu arrière. Grâce à cela, les instances WLTP compétentes établissaient une consommation plus que correcte de 7,1 liter/100 km, alors que l’économètre nous indiquait un litre de plus lors de notre bref essai.

Un tel SUV américain ne devrait-il pas disposer d’un gros V6 ?

On pourrait en discuter longuement – aux States, Ford propose une véritable version ST avec un V6 de 2,7 litres de 335 ch –, mais dans l’ensemble, nous pouvons affirmer que le bloc généreux en couple et le Edge se sont bien trouvés. Une bonne entente que l’on doit d’ailleurs à une nouvelle boîte de vitesses automatique, qui feuillette rapidement et avec souplesse ses huit rapports de manière à maintenir la cadence. Par ailleurs, cette ST-Line a droit à une direction plus directe que les ouateuses directions de ses concurrentes, un point fort qui est altéré par une suspension bien trop rigide (pour un SUV du moins). Ce qui a pour effet que vous modifiez rapidement votre conduite et que vous commencez à manier ce SUV comme il a été conçu : à l’américaine.

La nouvelle boîte automatique à huit rapports est commandée, comme chez Jaguar, par une molette.

Une Vignale quand même ?

Cela tient naturellement à vos préférences, mais on peut imaginer que l’acheteur moyen d’un Edge est bien plus orienté vers le confort que le conducteur de toute autre Ford badgée ST. Le confort, un domaine dans lequel le Edge ne déçoit d’ailleurs pas du tout, avec des sièges chauffants et ventilés, une installation audio de chez Bang & Olufsen, une horlogerie digitale et personnalisable avec un système d’info-divertissement SYNC3 et un Active Noise Control intelligent, qui – comme dans le cas d’un casque audio – produit des ondes atténuant les bruits aérodynamiques et de roulement. L’habitacle en lui-même est royal, à l’image des dimensions extérieures, avec suffisamment d’espace pour y rentrer une dizaine de bras et de jambes. A l’arrière, on trouve également 800 l de volume de coffre, un chiffre face auquel même la Skoda Kodiaq (720 l) s’incline cordialement.

Contrairement aux Hyundai Santa Fe, Skoda Kodiaq ou Peugeot 5008, la Ford Edge n’est pas disponible en sept places. Par contre l’espace disponible dans les coffre est infini…

Conclusion ?

Bien que le nombre de chevaux du nouveau 2 l biturbo soit recommandable, 55.000 euros reste un beau montant pour un SUV (même pour ce volume et ce niveau technologique). Comprenez-nous bien : les allures premium y sont, il ne manque que le logo. Et c’est peut-être la seule raison pour laquelle cet Edge restera un outsider…