En 2014, DS était lancée en tant que marque. Quatre années plus tard, durée de développement de la DS 7 Crossback oblige, apparaissait un premier véhicule, un SUV premium. Un peu léger pour en faire une gamme… Qu’à cela ne tienne, des six modèles prévus pour les prochaines années, voici déjà le second, aux ambitions tout aussi premium, mais misant sur le populaire segment B, celui où tout se passe aujourd’hui !

Le design de la DS 3 Crossback est pour le moins personnel et original, essentiel dans le segment des SUV compacts !

DS Crossback, deuxième du nom

Avec 28.000 exemplaires du grand SUV vendus de par le monde, DS s’offre la coquetterie de ne pas se fixer d’objectifs de vente, de laisser le vaste et pompeux DS 7 Crossback séduire naturellement. Entre les lignes, nous comprenions toutefois lors de notre prise de contact avec le petit crossover, aux portes de Monaco, que les ambition sont plus élevées à l’égard de cette petite Crossback. Contrairement à nombre de marques qui prétendent avoir réinventé la roue à chaque nouveau copy-paste du concept de SUV compact, cette DS a, elle, une véritable personnalité. Un aspect aujourd’hui essentiel que le Groupe PSA a manifestement bien plus qu’intégré, le succès de Peugeot et le charisme des Citroën en témoignant.

La française, ici en version E-Tense électrique est la première voiture du groupe PSA à reposer sur la nouvelle plateforme CMP, qu’exploiteront également les prochaines Peugeot 208 et Opel Corsa, toutes deux disponibles dans des versions 100 % électriques.

Une DS plus personnelle encore

Le propre de cette DS 3est bien entendu à trouver du côté de son originalité et de l’attention accordée au traitement des détails. Sensible au choix de la teinte, l’équilibre esthétique du SUV compact est soutenu par un subtil assortiment de dynamisme et d’élégance. A nos yeux plutôt réussie, elle ne souffre que d’une bizarrerie : le fameux aileron de requin de la porte arrière, typique de DS depuis sa renaissance sous pavillon Citroën, qui dissimule le décrochage du seuil de vitres entre les portières avant et arrière. Pourquoi ?

DS joue clairement la carte française, voire parisienne, avec des niveaux de finitions baptisés : Inspirations Montmartre, Bastille, Rivoli, Opera et ici Performance Line.

Et dedans ?

Un aspect qui nous emmène directement dans l’habitacle, sur la banquette arrière, où les passagers se sentiront un peu confinés par le ciel de toit noir, ces portes hautes et une surface vitrée limitée. La place accordée à la tête et au genoux restant quant à elle plus qu’honnête, même pour les plus belles pièces d’hommes. Une habitabilité qui torpille quelque peu la contenance du coffre (350 litres).

Française mais pas franchouillarde

Passons maintenant à l’avant du cockpit, là où les designers ont donné corps au savoir-faire et à l’artisanat haut de gamme français, idéal vecteur de communication pour faire entendre au client que le compact SUV français est bel et bien premium et que les 23.400 € du prix de base ne sont pas moins justifiés que les 25.480 € requis par sa concurrente directe, l’Audi Q2.

Le motif diamanté est partout, comme la couture point perle et le guillochage et matérialisent ce savoir-faire français si cher au marketing de DS
La partie supérieure du mobilier à bel allure, et tranche avec les éléments moins visibles et parfois branlants.

On retrouve donc le motif diamanté un peu partout, la boutonnerie, les matériaux riches, les surfaces tendues de cuir dans les zones les plus visibles, les parties basses du mobilier restant cantonnées à des matériaux plus rationnels. L’ensemble est plutôt élégant et agréable à l’œil, en particulier dans la version Performance Line, regorgeant d’Alcantara. C’est joli… mais pas toujours pratique !

Revers de la médaille

Les boutons en forme de losange de la planche de bord sont par exemple tactiles, mais n’offrent pas la perception que des maîtres du genre, tels qu’Audi. Dans la DS 3 Crossback, on hésite entre effleurer, appuyer et marteler les commandes. Autre démonstration d’un design parfois ennemi du quotidien : le joli mouvement des panneaux de portes, alignant les haut-parleurs, la commande d’ouverture de la porte et la poignée de porte est situé bien trop haut. Du coup, lorsque vous refermez la porte, vous utilisez naturellement le rebord du vide-poches (en plastique dur) plutôt que l’élégante poignée qu’on aura peut-être mis des semaines à griffonner chez DS… Même combat en matière d’ergonomie : l’ensemble est joli et technologique, mais la console centrale manque un peu de rangements (autre que la zone de recharge par induction pour smartphone).

Technologique

Technologiquement parlant, les Français ont également mis la gomme, désirant non seulement pénétrer le segment premium, mais s’imposant également de surpasser la concurrence directe en matière de technologie, avec la conduite autonome de niveau 2 par exemple, mais également les poignées de portes affleurantes à déploiement automatique lorsque l’on approche, l’affichage tête haute (un peu old-school avec sa projection sur le petit écran escamotable), la reconnaissance vocale, le freinage d’urgence automatique, la reconnaissance des panneaux, l’assistant au parking, les phares matriciels à LED… On notera toutefois que le système d’info-divertissement est parfois un peu lent à la réaction, que certaines fonctions accessibles uniquement via l’écran, nécessiteront de s’arrêter sur les routes défoncées de Belgique, ou que la structure n’est pas toujours des plus lisible.

Belle surprise

Au moment de prendre la route, nous redoutions la découverte d’une suspension trop souple, trop confortable, d’une direction amorphe et d’un manque de contenance. Il n’en n’est rien. Posée sur la nouvelle plateforme CMP, la DS3 Crossback nous donne déjà envie de mettre la main sur la Peugeot 208 qui partagera la même base. Notre parcours d’essai, très exigeant en matière dynamique, comptant notamment les Col de Vence et Col de Braus parmi les adversités les plus punitives, n’a guère fait ciller la française. Un châssis sain et équilibré, confortable mais pas souple, qui gère bien les mouvements de caisse et ne chipote que lorsque les dégradations sont modestes et très rapprochées.

DS tout en dynamisme

Avant de pouvoir découvrir les blocs PureTech essence et diesel HDi de 100 chevaux, nous nous faisions la main sur les deux niveaux de puissance du bloc 1.2 PureTech : 130 (230 Nm) et 155 (240 Nm) chevaux. Uniquement disponibles avec la boîte automatique Aisin à huit rapports, ils démontraient un bel allant, une belle souplesse. Appréciable dans les Alpes, la version 155 chevaux se montrait plus aboutie en matière de gestion de la boîte de vitesse. Celle-ci se montre douce et confortable mais pas toujours très réactive, et hésitante lorsque l’on engage le mode sport de la gestion mécanique (actif sur la gestion de la pédale, de la boîte et le sonorité).

Fausse bonne idée ?

Deux motorisations qui confirment également que le downsizing imposé par le WLTP ne vise pas la bonne cible. Notre version d’essai la plus modeste, le 130 ch, donné pour 6,3 l/100 km  (WLTP) ne s’en sortait pas à moins de 11,2 l face aux déclivités rencontrées, mais surtout face à notre rythme certes bien trop sportif pour être représentatif. Nous ajouterons toutefois que la version 130 chevaux nous paraît parfaitement adaptée à une utilisation sur le territoire belge, la version 155 ch s’avançant comme un petit plus pour les automobilistes moins regardants à la note finale.

DS 3 Crossback E-Tense

Sur la version E-Tense, la DS 3 Crossback propose deux mode de régénération au freinage via la commande de boîte de vitesse.

Parce qu’elle est la première à faire appel à la nouvelle plateforme CMP, la DS3 Crossback est également le premier véhicule du groupe PSA à s’offrir le luxe d’en exploiter les possibilités électriques. DS annonce par ailleurs que tous ses véhicules seront électrifiés dès 2019 et qu’elle ne livrera plus que des EV en 2023. Nous avions l’occasion de parcourir une paire de kilomètres au volant de véhicules de pré-production. Trop court pour nous faire une idée précise de ses capacités, notre galop d’essai nous révélait une voiture au look encore plus séduisant (teinte mat exclusive et toit texturé), un conduite souple, une suspension peut-être un peu raide et un poids perceptible. Motorisée par un bloc de 100 kW, elle annonce 50 kWh de batterie et une autonomie WLTP de 320 km. Premières livraisons en 2020.

Conclusion :

Sans révolutionner le genre, la DS 3 Crossback s’offre l’avantage de sortir du lot grâce à son approche différente du premium. Un SUV compact qui a de la personnalité, des allures sympathiques, qui se montre compétitif en matière de prix et qui séduira sur la route. Française jusqu’au bout des jantes, elle mise parfois plus sur l’apparence que sur le pragamatisme…

Fiche technique DS 3 Crossback PureTech 130
Mécanique :  
Architecture et cylindrée : Trois cylindres en ligne essence turbo 1.199 cm³ 12v
Puissance : 131 ch à 5.500 tr/min
Couple : 230 Nm à 1.750 tr/min
Transmission :  
Boîte de vitesse : Automatique 8 vitesses
Roues Motrices : Traction
Roues : 17″
Pneumatiques : 215/60
Châssis :  
Train Av : MacPherson
Train Ar : Essieu de torsion
Freins Av : Disques ventilés
Freins Ar : Disques
Performances :  
0 – 100 km/h : 9,2 sec.
V-max: 196 km/h
Consommation et CO2:  
Conso moyenne officielle : 6,3 l/100 km (WLTP)
Conso moyenne du test : N.C.
Emissions de CO2 :
143 g/km (WLTP)
Dimensions :  
LxlxH : 4.118 / 1.791 / 1.534 mm
Empattement :
2.558 mm
Volume du coffre : 350 (1.050) litres
Volume du réservoir : 44 litres
Poids : 1.205 kg
Tarif :  
Entrée de gamme : 23.400 euros
Véhicule d’essai : N.C.