La fête pour les SUV compacts et crossovers associés dure déjà depuis un certain temps, mais Lexus refusait jusqu’ici de rentrer dans la danse. Jusqu’à maintenant.

Les hasards peuvent parfois être empreints d’ironie. Au moment exact où Infiniti, la marque de luxe, sœur de Nissan, décide de jeter le gant sur le ring européen, son séculaire rival Lexus remue le couteau dans la plaie avec le lancement de son UX, un crossover aux atours étonnement européens qui, confiant, veut s’attaquer à la part du gâteau (premium) que se partagent les Audi Q3, BMW X1 et Mercedes-Benz GLA de ce monde. Le diesel est bien entendu hors de propos, Lexus jurant plus volontiers par une version profondément retravaillée de sa motorisation Hybrid Drive, avec pour argument principaux un moteur2 litres essence et une transmission e-cvt présentée comme « radicalement améliorée ». Quant à savoir si la mayonnaise japonaise prend, nous avons pu mener l’enquête dans la montagneuse région entourant Tarragone. 

Attractions opposées

Sur le plan extérieur, le SUV UX de 4,5 m de long, en référence à « urbex » ou urban exploring, ne fait pas mystère de ses origines. La calandre spindle largement ouverte, les plis tranchants et le langage ramassé trahissent directement qu’il s’agit d’un produit Lexus, même si le design se laisse en même temps remarquer par un certain nombre de (volontaires) contradictions. Visuellement la UX se présente avant tout comme un SUV compact, à positionner dans la gamme sous les NX et RX, mais en matière de techniques de conduite, Lexus profile plus volontiers son néophyte comme une classique hatchback.

Il en résulte un engin haut sur pattes mais rabaissé – oui, c’est aussi contradictoire que cela paraît – qui apparaît bien plus séduisant en vrai qu’en photos, du moins plus séduisant que l’apparence rude et hargneuse que lui donnent les photos de presse. Un avis que ne partageaient pas l’ensemble de nos collègues présents en Espagne, ce qui ne fait que confirmer que Lexus n’a pas, à tout le moins, accouché d’une souris. Un certain nombre de marques concurrentes pourraient en tirer enseignement…

Audiesque

Etant entendu que Lexus désire avec cet UX lancer une chasse aux carriéristes urbains et autres amateurs matures de plus-values, les concepteurs de l’intérieur ont plutôt donné la priorité à la qualité plutôt qu’à la quantité. A l’arrière, l’UX ne gagne guère d’espace, mais au volant de la version Business Line de notre essai nous étions néanmoins très bien installés, avec un tableau de bord orienté vers le conducteur et un niveau de finition « Audiesque ». Seule véritable revers à la médaille (à nouveau), la complexe structure des menus et sa commande via le module d’info-divertissement Lexus, qui en matière de facilité d’utilisation paraît aux abonnés absents. Et tant que nous en sommes à persiffler : le coffre pourrait à notre avis être a) plus grand et b) plus pratique par sa forme. D’autant que les batteries ne sont pas installées sous cet élevé plancher de coffre, mais simplement sous la banquette arrière.

Ceux qui connaissent la maison, auront naturellement deviné que cette Lexus UX repose sur l’architecture GA-C de Toyota, une plateforme également mise en œuvre sous la Toyota C-HR. Pourtant les Japonais ont été des plus prompts à positionner l’UX un peu plus haut dans l’échelle sociale. Elle le démontre entre autres avec une plus grande rigidité de carrosserie, grâce à une crémaillère de direction directement assemblée sur la structure pour un contact plus direct avec les roues avant, ainsi qu’une suspension à amortissement variable (option), qui adapte en permanence le niveau d’amortissement pour accroitre le confort sur chaussée dégradée et pour restreindre les mouvements de carrosserie. Le centre de gravité est également beaucoup plus bas, grâce à quoi l’UX revendique des ambitions plus sportives que la Toyota simplement orientée confort.

Petit malin hybride

Pour donner de la force à ce positionnement, Lexus compte sur la quatrième génération de sa motorisation Hybrid Drive. Elle fait usage d’un 2 litres essence à distribution variable fonctionnant selon le cycle Atkinson (face au 1,8 l de 122 ch qui précédait) et de deux moteurs électriques supplémentaires (trois si vous faites le choix de la version E-Four à transmission intégrale), qui emmènent la puissance à 178 ch. Un nouveau Power Control Unit et une batterie hybride métal-nickel –encore plus fiable que les exemplaires au li-ion, selon Lexus – assurent à l’UX de passer plus rapidement au mode EV et d’y demeurer plus longtemps, si nécessaire jusqu’à des vitesses de 115 km/h. Ainsi, Lexus glisse des chiffres de consommation et d’émissions de CO2 particulièrement rafraichissants, avec des données NEDC 2.0 débutant à 4,1 l/100 km (91 g CO2/km). Au cours de notre première rencontre, ils semblaient être bien plus que des chiffres de laboratoire, car lors de notre ecorun, nous parvenions à descendre sans difficulté sous les 4 litres. Même après une confrontation avec le plus lourd de nos pieds, l’ordinateur de bord annonçait encore un honorable 6,7 litres. Et le meilleur est encore à venir…

Moulin à café, où es-tu ?

Ses détracteurs ne l’entendront pas volontiers, mais cette UX est la première hybride dont nous avons rendu les clefs à contrecœur. La cause de ceci nous ramène au début de notre article : Lexus a enfin remis la main sur la transmission à variation continue. Un effort qui fait merveille, car le dramatique effet moulin à café a – à moins que vous ne voliez dans les plumes de l’UX – pour ainsi dire disparu. Là où les précédentes générations de Toyota et Lexus hybrides lançaient le moteur à combustion haut dans les tours pour sauver les meubles, cette UX dispose des moyens techniques pour laisser plus d’amplitude à son moteur essence. En sélectionnant la version F Sport, vous aurez également droit à un jeu de palettes au volant, grâce auxquelles vous pourrez effeuiller les rapports (virtuels) pour accroître votre plaisir de conduite. Naturellement, la UX et ses 1,6 tonnes ne sont pas des sportives nées – la pédale de freins se montre trop spongieuse pour cela. Mais pour ceux qui cherchent un SUV sobre, dynamique et fiscalement intéressant, sans les inconvénients inhérents aux hybrides rechargeables, cette UX 250h doit figurer au sommet de votre shortlist.